DOCUMENT DE PRISES DE POSITION DE LA CHINE POUR LA 69e SESSION DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES

2014/09/05

I. 70e anniversaire de la création de l'ONU

L'année prochaine marquera le 70e anniversaire de la création de l'Organisation des Nations Unies et de la victoire de la guerre mondiale antifasciste. Il convient que l'ONU et la communauté internationale organisent des commémorations solennelles pour réitérer leur engagement à soutenir le multilatéralisme, sauvegarder les buts et principes de la Charte des Nations Unies, consolider l'ordre international d'après-guerre, renforcer le rôle de l'ONU et promouvoir ensemble la cause de la paix et du développement. Pour cette raison, la Chine propose d'inscrire la « commémoration du 70e anniversaire de la victoire de la Seconde Guerre mondiale » à l'ordre du jour de la 69e Assemblée générale des Nations Unies.

II. Réforme de l'ONU

La Chine appuie les efforts de l'ONU visant à évoluer sans cesse avec le temps ainsi qu'à se développer et à se perfectionner davantage à travers la réforme pour mieux répondre aux attentes de la communauté internationale. La réforme de l'ONU doit permettre de renforcer ses capacités à coordonner les efforts des différents pays pour relever les défis planétaires et d'accroître le droit à la parole des pays en développement dans les affaires internationales. Cette réforme doit être tous azimuts et menée de manière équilibrée dans les trois domaines majeurs que sont la sécurité, le développement et les droits de l'homme, et surtout viser à aboutir à des résultats positifs dans le domaine du développement qui touche aux intérêts vitaux des nombreux pays en développement.

La Chine soutient une réforme du Conseil de Sécurité. Cette réforme doit permettre en priorité aux pays en développement, notamment aux pays africains, d'avoir une représentation accrue et davantage voix au chapitre au Conseil, et aux nombreux petits et moyens pays d'avoir plus de chances d'y siéger à tour de rôle et de participer à la prise de décision pour y jouer un rôle plus important. Les différentes parties doivent continuer à mener de larges consultations démocratiques en tenant compte des intérêts et des préoccupations des unes et des autres, en vue de trouver une solution de réforme globale et de dégager le plus large consensus possible. Il ne faut pas fixer un délai artificiel de réforme ni forcer le vote d'un projet de réforme immature.

III. Lutte contre le terrorisme

Le terrorisme est un fléau planétaire qui menace sérieusement la sécurité et le développement du monde. La communauté internationale doit engager une ample coopération antiterroriste conformément à la Charte des Nations Unies, au droit international et aux autres principes régissant les relations internationales universellement reconnus, et appliquer intégralement les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité et la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies. L'ONU et son Conseil de Sécurité doivent jouer leur rôle de direction et de coordination dans la lutte internationale contre le terrorisme. Dans la lutte antiterroriste, il convient de s'attaquer à la fois aux symptômes et aux racines du mal et de se garder de la pratique du double critère. La Chine est d'avis qu'il faut rester hautement vigilant quant aux nouvelles évolutions du terrorisme international et combattre avec fermeté l'utilisation par les terroristes d'Internet et d'autres technologies de communication modernes pour répandre et exciter les idées terroristes en vue d'endoctriner les gens, recruter des terroristes, et financer et fomenter des actes terroristes.

IV. Opérations de maintien de la paix de l'ONU

Ces dernières années, du fait des évolutions et changements de la situation internationale, les opérations de maintien de la paix de l'ONU font face à des exigences plus élevées et à de nombreux défis. La Chine soutient l'initiative avancée par le Secrétaire général des Nations Unies d'examiner les opérations de maintien de la paix, et est pour une réforme nécessaire de celles-ci basée sur un large consensus. Dans le même temps, la communauté internationale doit rester toujours fidèle aux trois principes définis par Dag Hammarskjöld que sont « le consentement de l'État-hôte, l'impartialité et le non-recours à la force sauf en cas de légitime défense ou de défense du mandat », et respecter la souveraineté et tenir pleinement compte des préoccupations de l'État-hôte dans les opérations de maintien de la paix.

La Chine est un partisan ferme et un acteur actif des opérations de maintien de la paix de l'ONU. Elle a envoyé jusqu'ici plus de 20 000 militaires, policiers et agents civils à ces opérations. Avec plus de 2 100 agents chinois actuellement présents dans neuf opérations, la Chine est, en termes d'effectif, le premier contributeur de Casques bleus parmi les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité. La Chine continuera à participer de manière active et approfondie aux opérations de maintien de la paix de l'ONU.

V. Sécurité de l'information et cybersécurité

La communauté internationale doit, sur la base du respect réciproque et de la confiance mutuelle, renforcer le dialogue et la coopération afin de bâtir ensemble un cyberespace marqué par la paix, la sécurité, l'ouverture et la coopération et de réaliser une sécurité universelle sur la planète. Les technologies de l'information et de la communication doivent être utilisées pour promouvoir le développement socioéconomique et contribuer à la paix et à la stabilité internationales. Il faut prévenir effectivement la militarisation du cyberespace et la course au cyberarmement. La Chine est pour la préservation de la libre circulation des informations dans le respect des législations nationales, et contre l'ingérence dans les affaires intérieures d'autrui ou l'atteinte aux intérêts d'autrui à travers les réseaux. Elle se prononce pour la construction d'un système de gestion d'Internet multilatéral, démocratique et transparent, préconise le concept du bénéfice mutuel et du gagnant-gagnant et estime que la communauté internationale doit accroître l'aide envers les pays en développement pour combler le « fossé numérique ».

La Chine, la Russie et d'autres pays ont soumis ensemble à l'Assemblée générale des Nations Unies un projet du « Code de conduite international pour la sécurité de l'information », offrant ainsi une base aux discussions internationales concernées. La Chine est prête à travailler ensemble avec les différentes parties pour améliorer davantage ce Code en vue d'instaurer au plus tôt un cadre de règles internationales dans ce domaine. Les Nations Unies ont un rôle prépondérant à jouer dans le domaine de la cybersécurité.

VI. Dossiers d'actualité régionaux

1. Situation dans la Péninsule coréenne

La Chine s'en tient à la réalisation de la dénucléarisation de la Péninsule coréenne, à la préservation de la paix et de la stabilité dans la Péninsule et au règlement des questions par le dialogue et les consultations. Le dialogue et les consultations représentent la seule voie valable pour résoudre les questions de la Péninsule, et les pourparlers à six constituent une plate-forme réaliste et efficace pour régler de manière équilibrée les préoccupations des uns et des autres et réaliser la dénucléarisation de la Péninsule. La Chine espère que les parties concernées se garderont de prendre des actions susceptibles de faire monter les tensions, engageront activement des contacts et dialogues et poursuivront leurs efforts en vue d'un règlement négocié de leurs divergences et d'une reprise rapide des pourparlers à six.

2. Afghanistan

La Chine souhaite voir l'Afghanistan réaliser une transition en douceur sur les plans politique, sécuritaire et économique, appuie le processus de réconciliation « des Afghans et conduit par les Afghans » et soutient l'Afghanistan dans ses efforts visant à former un gouvernement inclusif reposant sur une large assise. La communauté internationale doit respecter l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Afghanistan et honorer effectivement ses engagements d'aide au développement socioéconomique du pays. La Chine organisera dans la deuxième moitié de l'année 2014 la quatrième réunion des Ministres des Affaires étrangères du processus d'Istanbul sur la question afghane.

3. Processus de paix au Moyen-Orient

La question de la Palestine est au cœur du dossier du Moyen-Orient. La Chine soutient la création par le peuple palestinien d'un État palestinien indépendant et pleinement souverain sur la base des frontières de 1967 et ayant Jérusalem-Est comme capitale ainsi que l'adhésion de la Palestine aux organisations internationales dont les Nations Unies. Les différentes parties concernées de la question du Moyen-Orient doivent trouver une solution appropriée à leurs différends par voie politique et diplomatique et sur la base des résolutions pertinentes des Nations Unies, du principe dit « la terre contre la paix », de l'« Initiative de paix arabe » et de la « Feuille de route » pour la paix au Moyen-Orient. En 2013, le Président chinois Xi Jinping a avancé une proposition en quatre points sur le règlement de la question de la Palestine.

La Chine est profondément attristée par les nouveaux conflits meurtriers entre Israël et la Palestine, et condamne tout acte portant atteinte aux civils innocents. Le Ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a avancé une proposition de paix en cinq points sur le règlement des conflits israélo-palestiniens. La racine de ces conflits réside dans l'absence prolongée d'une solution équitable et raisonnable à la question de la Palestine. Les parties concernées d'Israël et de la Palestine doivent faire des négociations de paix un choix stratégique inébranlable et se donner mutuellement des signes de bonne volonté. Dans les négociations de paix, il faut que chacun fasse un pas vers l'autre au lieu de faire le contraire, et il faut surtout éviter l'escalade des tensions causée par la rupture des négociations.

Il faut également accorder une haute attention aux négociations Syrie-Israël et Liban-Israël, composantes importantes du processus de paix au Moyen-Orient, et les faire progresser.

4. Syrie

Le règlement politique est la seule issue réaliste à la crise syrienne. Pour les différentes parties syriennes, l'urgence est de prendre à cœur l'avenir du pays et la sécurité du peuple, et à partir de là, de parvenir rapidement à un cessez-le-feu et à l'arrêt de violences, de reprendre le processus des négociations et de trouver une « voie médiane » adaptée à la réalité syrienne et tenant compte des préoccupations des différentes parties. La Chine appuie la médiation des Nations Unies en vue d'un règlement politique de la question syrienne.

La Chine soutient l'adoption de mesures effectives pour apaiser la situation humanitaire en Syrie et continuera à accorder des aides humanitaires au peuple syrien, y compris aux réfugiés syriens hors du pays. Dans le même temps, les secours humanitaires doivent se faire dans le respect des principes directeurs des Nations Unies en la matière, et la question humanitaire ne doit pas être politisée. La communauté internationale se doit de combattre ensemble le terrorisme de sorte à éliminer le terreau des forces terroristes et extrémistes.

5. Irak

La Chine soutient l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Irak, ainsi que les efforts du gouvernement irakien pour préserver la stabilité dans le pays et lutter contre le terrorisme. Elle salue la formation du nouveau gouvernement irakien. Elle soutient et encourage les différentes factions irakiennes à poursuivre le dialogue politique inclusif pour faire avancer le processus de la réconciliation politique et de la reconstruction économique. Sur le dossier de la lutte contre le terrorisme en Irak, la communauté internationale est appelée à trouver des consensus et à créer une synergie tout en tenant pleinement compte de l'interaction des questions régionales d'actualité brûlante, de sorte à gérer ce dossier de manière intégrée.

6. Question nucléaire iranienne

La Chine soutient le maintien du système international de non-prolifération nucléaire et préconise un règlement adéquat de la question nucléaire iranienne par le dialogue et les négociations pour préserver la paix et la stabilité au Moyen-Orient. L'Iran, en tant que partie au Traité sur la Non-Prolifération des Armes nucléaires (TNP), a le droit d'utiliser l'énergie nucléaire à des fins pacifiques et le devoir de remplir ses obligations internationales en matière de non-prolifération. Actuellement, les Six et l'Iran travaillent pour mettre en œuvre à pas sûrs la première étape de leur accord tout en faisant avancer activement les négociations sur un accord global. Ils doivent multiplier leurs efforts diplomatiques et poursuivre les consultations d'égal à égal, de sorte à parvenir rapidement à un accord global juste, équilibré, mutuellement bénéfique et gagnant-gagnant. L'AIEA et l'Iran doivent également renforcer leur coopération afin de régler dans les meilleurs délais les questions en suspens concernées.

7. Soudan du Sud

La Chine espère sincèrement que les deux protagonistes du conflit sud-soudanais pourront, dans l'intérêt fondamental du pays et du peuple et dans l'intérêt général de la paix et de la stabilité dans la région, mettre effectivement en œuvre l'accord de cessez-le-feu, engager des négociations inclusives, régler leurs divergences par des moyens politiques et réaliser la réconciliation nationale. La communauté internationale doit continuer à apporter un soutien ferme aux efforts de médiation et au rôle dominant de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et à fournir des aides humanitaires au Soudan du Sud.

8. Darfour du Soudan

Sur cette question, il faut faire jouer pleinement le rôle essentiel du « mécanisme tripartite ONU-UA-gouvernement soudanais » et poursuivre la stratégie de la « double voie » qui consiste à faire avancer de façon équilibrée le déploiement des forces de maintien de la paix et les négociations politiques. La Chine espère voir les autres factions du Darfour se joindre rapidement au processus de négociations politiques.

9. Libye

Les différentes forces libyennes doivent tenir compte des intérêts du pays et du peuple, parvenir immédiatement à un cessez-le-feu et à l'arrêt de violences et régler leurs divergences par un dialogue et des consultations inclusifs pour rétablir au plus vite la stabilité et préserver l'union et l'unité du pays. La communauté internationale doit travailler ensemble pour favoriser les négociations de paix et la réconciliation, honorer effectivement ses engagements envers la Libye, promouvoir un règlement adéquat de la question libyenne et aider la Libye à réaliser la transition politique et à progresser dans la reconstruction économique.

10. Somalie

Saluant la percée réalisée dans le processus de paix en Somalie, la Chine souhaite voir le gouvernement et le peuple somaliens saisir l'opportunité historique qui se présente pour réaliser au plus tôt la paix, la stabilité et la reconstruction du pays. La communauté internationale doit honorer effectivement ses engagements d'aide à la Somalie, accroître son soutien et son assistance à la Mission de l'UA en Somalie (AMISOM) et soutenir le travail de la Mission d'Assistance des Nations Unies en Somalie (MANUSOM). La Chine a décidé de rouvrir son ambassade en Somalie et a envoyé pour ce faire un groupe de travail dans le pays.

11. Mali

La Chine soutient fermement les efforts du Mali pour défendre sa souveraineté, son unité et son intégrité territoriale, et salue les négociations de paix menées par les différentes parties pour trouver une solution politique à la question du Nord du pays. Appuyant depuis toujours la cause de la paix et du développement au Mali, la Chine a fourni des assistances nécessaires au Mali, à l'UA et aux pays concernés de la région et envoyé activement des contingents participer à l'opération onusienne de maintien de la paix au Mali. La Chine apprécie et soutient les efforts des pays africains et des organisations régionales africaines visant à préserver l'unité du Mali de même que la paix et la stabilité dans la région.

12. République centrafricaine

La Chine espère que les principales factions centrafricaines pourront honorer effectivement leur engagement de cessez-le-feu et œuvrer à l'unité nationale pour créer un environnement favorable à la transition politique et à la reconstruction du pays. La communauté internationale doit suivre de plus près la situation dans ce pays et s'y engager davantage, de même que soutenir les actions de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilité en République centrafricaine (MINUSCA).

13. Ukraine

Adoptant toujours une position objective et impartiale sur la question ukrainienne, la Chine estime que le règlement politique est la seule issue pour résoudre la crise. Les parties concernées doivent engager le dialogue, renforcer leur coopération, bien gérer leurs divergences et tâcher de parvenir à un plan politique du règlement global de la crise en assurant l'équilibre des intérêts de toutes les parties. La Chine soutient l'intensification par le mécanisme de coordination international concerné de ses efforts de médiation et entend continuer à jouer un rôle constructif pour une solution politique à la crise ukrainienne.

VII. DÉveloppement

1. Agenda de développement post-2015

Il convient de promouvoir de manière solide l'Agenda de développement post-2015 sur la base d'une évaluation générale de l'état actuel de la coopération internationale pour le développement et surtout sur la base de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement à l'échelle mondiale. Ce processus doit être conduit par les pays membres et dans le cadre des Nations Unies.

Les différents pays doivent élaborer ensemble, dans un esprit de bénéfice mutuel, de coopération et de gagnant-gagnant, un Agenda de développement post-2015 qui soit équitable, inclusif et durable. La Chine est d'avis que l'Agenda de développement doit s'articuler autour de l'éradication de la pauvreté et de la promotion du développement, s'en tenir aux principes directeurs tels que la diversification des modes de développement et les « responsabilités communes mais différenciées », favoriser l'amélioration du bien-être de la population, la promotion d'une croissance inclusive et le progrès social, veiller à un équilibre entre les trois piliers que sont l'économie, le social et l'environnement, respecter les voies et les politiques de développement des différents pays, renforcer le partenariat mondial pour le développement, améliorer les moyens et mécanismes de mise en œuvre, et assurer les ressources de développement.

2. Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)

Les OMD arriveront à échéance en 2015. Malgré des progrès encourageants à l'échelle mondiale, la mise en œuvre des OMD est très inégale entre les différents pays et régions, et il est fort difficile de réaliser les OMD à l'échelle mondiale selon le calendrier prévu. La communauté internationale doit continuer à honorer ses engagements sans jamais relâcher ses efforts pour promouvoir la réalisation des OMD. Elle doit assurer les ressources de développement, accélérer le processus de la mise en œuvre, et concentrer les efforts pour aider les pays africains, surtout les PMA, à réaliser le développement et à sortir de la pauvreté. Les pays en développement doivent entreprendre, en fonction de leurs réalités nationales, des actions concrètes pour se développer. Les Nations Unies ont un rôle central à jouer dans la coopération internationale pour le développement afin de fournir une garantie institutionnelle à la réalisation des OMD.

3. Changement climatique

La Chine salue les résultats encourageants de la Conférence de Varsovie sur les changements climatiques tenue fin 2013, et espère que le Sommet sur le climat prévu le 23 septembre aux Nations Unies donnera une impulsion politique aux négociations sur le changement climatique et que la Conférence de Lima sur les changements climatiques qui se tiendra à la fin de cette année permettra de trouver davantage de consensus pour les négociations de la prochaine étape. La Chine continuera à travailler avec la communauté internationale, conformément aux principes des « responsabilités communes mais différenciées », de l'équité et des capacités respectives, pour conclure, selon le calendrier prévu, les négociations internationales sur un nouveau système de lutte contre le changement climatique post-2020 lors de la Conférence de Paris sur les changements climatiques en 2015, et les faire aboutir à des résultats globaux et équilibrés. Les pays développés doivent faire preuve de bonne volonté politique et honorer leurs engagements pour redoubler d'efforts en matière de réduction des émissions et fournir aux pays en développement un soutien suffisant sur les plans financier, technologique et de construction de capacités.

4. Sécurité alimentaire

La communauté internationale doit agir de manière coordonnée dans un esprit de développement partagé et adopter des mesures efficaces pour améliorer l'environnement de l'agriculture, du commerce et de l'investissement, accroître les capacités globales de production agricole, assurer la stabilité du prix des matières premières dont les denrées alimentaires, prévenir les spéculations et les surenchères excessives et préserver ensemble la sécurité alimentaire à l'échelle mondiale.

La Chine poursuit une politique fondée sur les efforts domestiques, une autosuffisance alimentaire essentielle et un réajustement adéquat des stocks par l'import-export. Elle a mis en place un système et des mécanismes permettant d'assurer au pays une sécurité alimentaire de long terme et constitué des réserves céréalières suffisantes. La Chine participera activement aux efforts de la communauté internationale visant à éradiquer la faim et à réduire la pauvreté, et préservera ensemble avec celle-ci la sécurité alimentaire mondiale.

5. Financement du développement

L'insuffisance du financement est un défi majeur pour le développement au niveau mondial. Actuellement, malgré quelques progrès, le financement pour le développement fait toujours face à des problèmes comme le manque important de fonds et la faiblesse chronique de la mobilisation.

La communauté internationale doit construire et améliorer un partenariat global pour le développement basé sur l'égalité, le bénéfice mutuel et le gagnant-gagnant, mettre en œuvre le Consensus de Monterrey, et déployer des efforts prioritairement dans les quatre domaines suivants : Premièrement, accroître les ressources et renforcer les institutions du développement ; Deuxièmement, faire en sorte que les pays développés remplissent effectivement leur engagement de consacrer 0,7% de leur revenu national brut à l'aide publique au développement et poursuivent leurs efforts d'allègement de dettes et d'ouverture de marché à l'égard des pays en développement ; Troisièmement, renforcer la gouvernance économique mondiale et augmenter la représentation et le droit à la parole des pays en développement dans les institutions économiques et financières internationales ; Quatrièmement, créer un environnement extérieur favorable au développement des pays en développement, s'opposer au protectionnisme commercial, et aider les pays en développement à tirer profit des chaînes de valeur mondiales. La Chine salue la troisième Conférence internationale sur le financement du développement qui se tiendra en juillet prochain.

VIII. ContrÔle des armements, dÉsarmement et non-prolifÉration

1. Question nucléaire

La Chine plaide toujours activement pour l'interdiction complète et la destruction totale des armes nucléaires. Elle poursuit fermement une stratégie nucléaire d'autodéfense, observe fidèlement son engagement de ne jamais utiliser en premier les armes nucléaires à aucun moment et en aucune circonstance ainsi que son engagement inconditionnel de ne pas employer ni menacer d'employer les armes nucléaires contre les pays et régions sans armes nucléaires. Elle estime qu'il faut faire de la réalisation de la sécurité universelle un objectif fondamental, préserver l'autorité et l'efficacité des mécanismes multilatéraux existants tels que la Conférence du Désarmement de Genève, s'en tenir aux principes de promotion équilibrée et de consensus, et assurer la participation large de la communauté internationale.

Le TNP, pierre angulaire du régime international de non-prolifération, constitue une plate-forme importante pour la promotion de la gouvernance mondiale dans le domaine nucléaire. La Chine espère que les différentes parties pourront préserver et renforcer ensemble l'universalité, l'autorité et l'efficacité du TNP, et faire avancer de manière équilibrée le désarmement nucléaire, la non-prolifération nucléaire et l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire afin d'approfondir davantage la gouvernance mondiale dans le domaine nucléaire.

La Chine soutient la Conférence du Désarmement de Genève dans ses efforts pour parvenir au plus tôt à un plan de travail global et équilibré et démarrer dans les meilleurs délais un travail de fond. Elle soutient le lancement rapide des négociations sur un « traité d'interdiction de la production de matières fissiles pour les armes nucléaires » par la Conférence du Désarmement qu'elle juge depuis toujours comme la seule enceinte appropriée pour entamer de telles négociations, et travaille activement pour pousser les différentes parties à dégager des consensus et à réduire leurs divergences. La Chine soutient fermement le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires et œuvre activement à son entrée en vigueur dans les meilleurs délais.

Lors du troisième Sommet sur la sécurité nucléaire tenu en mars dernier, le Président chinois Xi Jinping a souligné l'importance de s'en tenir à une conception de la sécurité nucléaire rationnelle, coordonnée et équilibrée et d'instaurer ensemble un système international de sécurité nucléaire fondé sur l'équité, la coopération et le gagnant-gagnant. La Chine travaillera à la lumière de cette idée pour rechercher ensemble avec toutes les parties les moyens efficaces de renforcer la sécurité nucléaire.

L'utilisation de l'énergie nucléaire doit avoir comme préalable la sécurité. La Chine soutient les efforts de la communauté internationale pour adopter des mesures effectives en vue du renforcement de la sécurité de l'énergie nucléaire et favoriser activement une coopération en son sein afin de promouvoir un développement sain et durable de l'énergie nucléaire.

2. Armes biologiques et chimiques

La Chine se prononce pour le renforcement continu de l'efficacité, de l'autorité et de l'universalité de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC) et de la Convention sur l'interdiction des armes biologiques (CIAB). Elle regrette que des pays détenteurs d'armes chimiques et ceux ayant abandonné des armes chimiques sur le territoire d'un autre État n'aient pas achevé la destruction de leurs armes chimiques dans les délais fixés par la CIAC et elle exhorte les pays concernés à s'investir davantage conformément aux résolutions pertinentes de la Conférence des États parties et du Conseil exécutif pour achever rapidement la destruction selon le calendrier prévu par les résolutions et les plans de destruction pertinents. Le processus de destruction, y compris la destruction des armes chimiques abandonnées, doit être surveillé de manière efficace par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. La Chine soutient fermement la destruction des armes chimiques syriennes dans le cadre de la CIAC et y a apporté une contribution importante.

3. Non-prolifération

La Chine s'oppose fermement à la prolifération des armes de destruction massive (ADM) et de leurs vecteurs. Pour atteindre les objectifs de la non-prolifération, les pays du monde doivent œuvrer à créer un environnement sécuritaire international et régional où priment la coopération et la confiance mutuelle pour éliminer les motivations de la prolifération des ADM, veiller à régler les problèmes de la prolifération par voies politique et diplomatique, sauvegarder et renforcer effectivement le système international de non-prolifération, traiter de manière équilibrée les rapports entre la non-prolifération et l'utilisation pacifique des sciences et technologies et rejeter la pratique « deux poids, deux mesures ». La Chine est prête à renforcer ses échanges et sa coopération avec les différentes parties concernées pour promouvoir ensemble le processus international de non-prolifération.

4. Sécurité de l'espace extra-atmosphérique

La Chine préconise depuis toujours l'utilisation pacifique de l'espace extra-atmosphérique et s'oppose à la militarisation de l'espace et à la course aux armements dans l'espace. Elle estime nécessaire pour la communauté internationale de négocier et d'élaborer au plus tôt un nouveau traité international pour éliminer à la racine les menaces de sécurité extra-atmosphériques. Pour ce faire, la Chine et la Russie ont soumis conjointement, en février 2008, à la Conférence du Désarmement un projet de traité sur la prévention du placement d'armes dans l'espace et de la menace ou de l'emploi de la force contre des objets spatiaux, et y ont apporté en juin 2014 des modifications selon les avis et propositions des différentes parties. La Conférence du Désarmement est appelée à négocier au plus tôt un traité sur le contrôle des armements dans l'espace extra-atmosphérique sur la base de ce projet. La Chine préconise la poursuite des principes d'« inclusivité » et de « complémentarité » pour faire avancer le processus de prévention de la course aux armements dans l'espace et celui des « mesures de transparence et de confiance ».

IX. Question des droits de l'homme

Les gouvernements des différents pays ont tous l'obligation de promouvoir et de protéger les droits de l'homme. La communauté internationale doit respecter l'indivisibilité des différents droits de l'homme et accorder la même importance aux droits civiques et politiques, aux droits économiques, sociaux et culturels ainsi qu'au droit au développement. Étant donné la diversité des réalités nationales des pays, il n'existe pas de mode universel en matière de promotion et de protection des droits de l'homme. Et il y a toujours des améliorations à faire sur cette question.

La Chine, plaidant activement depuis toujours pour les échanges internationaux dans le domaine des droits de l'homme, préconise le développement d'un dialogue et d'une coopération constructifs entre les différents pays sur la base de l'égalité et du respect mutuel pour renforcer la connaissance réciproque, aplanir les divergences ainsi que promouvoir et protéger ensemble les droits de l'homme. Elle s'oppose à la politisation de la question des droits de l'homme et à la pratique « deux poids, deux mesures ».

X. SÉcuritÉ de la santÉ publique

La lutte contre le VIH/sida constitue non seulement une tâche pressante pour la communauté internationale, mais aussi un volet important de la réalisation des OMD. La communauté internationale, notamment les pays développés, doivent accorder aux pays en développement des assistances accrues pour le renforcement de leurs capacités en matière de lutte contre le VIH/sida. Il convient que l'ONUSIDA, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ainsi que d'autres institutions internationales renforcent leur coordination afin d'aider davantage les pays en développement à lutter contre ce fléau. La Chine entend participer activement aux initiatives et actions internationales de lutte contre le VIH/sida, partager ses expériences en la matière avec d'autres pays et apporter du soutien et des aides dans la mesure de ses possibilités.

La flambée de maladie à virus Ebola pèse lourd sur le développement socioéconomique des pays affectés et pose un nouveau défi pour la préservation de la sécurité de la santé publique dans le monde. La santé publique à l'échelle mondiale est un système d'ensemble dont aucun pays ne peut se mettre à l'écart. Aucune faille n'est admise dans la construction du système de sécurité mondial de la santé publique. Actuellement, l'urgence est d'avoir une connaissance scientifique de l'épidémie d'Ebola et d'aider les pays africains à y répondre et à la prévenir de manière efficace, à intensifier les mesures de détection ainsi qu'à en juguler la propagation. Il convient de mettre pleinement en valeur l'expertise de l'Organisation mondiale de la Santé et de faire jouer le rôle de coordination aux Nations Unies. À long terme, il faut accroître l'assistance et l'engagement dans le domaine de la santé en Afrique et contribuer au renforcement de ses capacités de prévention et de contrôle des maladies, afin de s'attaquer aux racines du problème comme à ses manifestations.

Le gouvernement chinois a fourni des aides d'urgence en matériel médical et envoyé des experts médicaux à la Guinée, au Libéria, à la Sierra Leone et à la Guinée-Bissau. À cela s'ajoutent encore les équipes médicales chinoises qui poursuivent leur travail dans ces pays. La Chine entend travailler avec la communauté internationale pour continuer à fournir des aides pour un endiguement rapide et efficace de cette flambée d'Ebola.

XI. Finances de l'ONU

Tous les États membres de l'ONU doivent, conformément à l'esprit de la Charte des Nations Unies et au principe de la capacité de paiement défini par les résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies, remplir scrupuleusement leurs obligations financières en s'acquittant ponctuellement, intégralement et inconditionnellement de leurs contributions et de leurs parts de contribution aux frais des opérations de maintien de la paix pour assurer une base financière solide et stable à l'Organisation.

Il convient de suivre le principe dit « lier les ressources aux programmes » pour améliorer l'efficacité de l'utilisation des ressources de l'ONU tout en tenant pleinement compte des préoccupations et des demandes légitimes des pays en développement. Les États membres sont appelés à renforcer davantage leurs coordinations et échanges pour mieux accompagner le Secrétariat dans la coordination des programmes et la gestion des budgets financiers et des ressources.

XII. LÉgalitÉ nationale et internationale

La réalisation de l'État de droit à l'échelle nationale et internationale représente une aspiration de tous les pays du monde. S'agissant du renforcement de la légalité nationale, chaque pays a le droit de choisir librement un système légal adapté à ses réalités nationales, et les pays aux systèmes différents doivent se témoigner mutuellement respect et tolérance, s'inspirer les uns des autres et se développer ensemble. Le gouvernement chinois, ayant pour objectif de « construire un État de droit en Chine », travaillera à promouvoir sur tous les plans l'application de la stratégie de l'administration du pays selon la loi. En ce qui concerne le renforcement de la légalité internationale, il faut préserver l'autorité de la Charte des Nations Unies, observer strictement les principes du droit international universellement reconnus comme l'égalité souveraine entre les États et la non-ingérence dans les affaires intérieures d'autrui, assurer fermement une application égale du droit international en évitant la pratique « deux poids, deux mesures », perfectionner sans cesse la législation internationale, assurer le respect et l'application du droit international et promouvoir la démocratisation des relations internationales et le respect du droit dans les relations internationales.

XIII. Cour pÉnale internationale

La Chine soutient la création d'une Cour pénale internationale indépendante, impartiale, efficace, universelle et complémentaire des juridictions nationales, pour punir les crimes les plus graves ayant une portée internationale et favoriser la paix et la justice internationales. La Cour doit, conformément à ses buts de promouvoir la paix et la sécurité dans le monde et de préserver le bien-être de l'humanité toute entière, se coordonner et coopérer avec d'autres mécanismes internationaux et se garder de perturber les processus de paix concernés. La Chine espère que la Cour s'en tiendra strictement à son principe de complémentarité, respectera effectivement la souveraineté judiciaire nationale et exercera ses fonctions en vertu du droit et avec prudence afin de gagner largement la confiance et le respect de la communauté internationale par des actions objectives et impartiales.

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