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Conférence de presse du 21 septembre 2006

2006/09/21


Dans l'après-midi du 21 septembre 2006, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Qin Gang a tenu une conférence de presse.

Qin Gang : Bonjour à tous. Je suis prêt à répondre à vos questions.

Q : Hier soir, le Ministère chinois des Affaires étrangères a fait quelques brefs commentaires sur l'élection de Shinzo Abe au poste de président du Parti libéral démocrate du Japon. Je vous prie de donner des commentaires plus détaillés. Avec l'élection de Shinzo Abe, qu'attend la Chine du nouveau gouvernement japonais ? Ce week-end, aura lieu au Japon le dialogue stratégique entre la Chine et le Japon. Est-ce qu'une rencontre est prévue entre M. Dai Bingguo et M. Shinzo Abe en marge du dialogue ?

R : Je me suis déjà exprimé hier soir sur l'élection de Shinzo Abe au poste de président du Parti libéral démocrate du Japon. Nous espérons que le nouveau président du Parti libéral démocrate pourra mettre ses actes en accord avec ses paroles et fera des efforts effectifs pour améliorer et développer les relations sino-japonaises. Ceci dit, nous espérons que le Japon pourra prendre des actes concrets pour honorer ses engagements qui l'invitent à accorder de l'importance aux relations sino-japonaises, procéder à un examen de conscience et s'excuser sur la question historique, afin de créer des conditions favorables à l'amélioration et au développement des relations sino-japonaises. La Chine attache, comme toujours, une grande importance à ses relations avec le Japon. Nous entendons continuer à œuvrer à l'amélioration et au développement des relations de bon voisinage et de coopération avec le Japon dans l'esprit de « tirer des leçons de l'histoire et se tourner vers l'avenir ».

Le 6e tour de dialogue stratégique sino-japonais, qui aura lieu les 23 et 24 septembre à Tokyo, sera conjointement présidé par le Vice-Ministre chinois des Affaires étrangères Dai Bingguo et son homologue japonais Shotaro Yachi. La partie chinoise espère que ce dialogue permettra aux deux parties d'échanger leurs points de vue sur les relations sino-japonaises et sur d'autres questions d'intérêt commun. S'agissant de la rencontre entre M. Dai Bingguo et M. Shinzo Abe en marge du dialogue, je ne dispose pas d'information là-dessus pour l'instant.

Q : Lorsque la Chine déposait sa candidature pour l'organisation des Jeux Olympique, elle a pris l'engagement d'améliorer la situation des droits de l'homme en Chine. Dans un rapport publié récemment par Amnisty International, il a accusé la Chine de ne pas avoir honoré ses engagements. Quel est le commentaire de la Chine sur ce rapport ?

R : Amnisty International a toujours des préjugés contre la Chine. Il a souvent publié des rapports à des fins politiques, dont le contenu est donc non fondé.

Ici, je voudrais indiquer que, si l'on croit que le gouvernement chinois œuvre à l'amélioration de la situation des droits de l'homme rien que pour pouvoir accueillir les Jeux Olympique, c'est d'« interpréter l'intention d'un honnête homme de manière malhonnête ». En réalité, le respect et la sauvegarde des droits de l'homme, noble objectif que poursuit toujours le gouvernement chinois, se sont déjà solennellement inscrits dans la Constitution chinoise. Avec la mise en œuvre, par le gouvernement chinois, de l'idée dite « primauté à l'homme, gouvernance dans l'intérêt du peuple », nous travaillons actuellement à la croissance économique, au progrès social, à l'édification sur tous les plans d'une société d'aisance moyenne, à la promotion de la réforme judiciaire, à la démocratie, à l'Etat de droit, à la construction d'une société juste, équitable et harmonieuse et au plein épanouissement de l'homme.

Si une organisation ou un individu tente de politiser les Jeux Olympiques pour des raisons inavouables, cela va à l'encontre des objectifs et principes des Jeux Olympiques.

Actuellement, tous les préparatifs des Jeux Olympiques se déroulent dans d'heureuses conditions. Le gouvernement chinois continuera à honorer ses engagements pris antérieurement, et nous avons la conviction et la capacité de faire des Jeux Olympiques un plein succès.

Q : Que pense la Chine du coup d'Etat en Thaïlande ? Combien de ressortissants chinois ont demandé l'aide à l'Ambassade de Chine en Thaïlande ? Et combien de Hongkongais parmi eux ?

R : Le changement intervenu en Thaïlande tombe dans le cadre des affaires intérieures de ce pays. La Chine reste toujours attachée au principe de non-ingénrence dans les affaires intérieures d'autrui. La Chine et la Thaïlande sont des pays voisins et amis. Nous espérons voir l'harmonie et la prospérité régner en Thaïlande, son peuple vivre dans le bonheur et la tranquillité et les relations amicales entre les deux pays se développer sans cesse.

Après le coup d'Etat en Thaïlande, le Ministère chinois des Affaires étrangères et la représentation diplomatique chinoise dans ce pays ont accordé une grande importance à la protection de la sécurité des ressortissants chinois, des personnes morales chinoises et de leurs biens matériels. Nous avons pris des mesures suivantes : les départements concernés du Ministère ont rapidement activé le mécanisme de crise et mis en service, à l'aube du 20, heure de Beijing, une ligne verte 24 heures sur 24 pour la recherche des parents et des amis. Nous avons lancé, sur le site web du Ministère, des avertissements spéciaux aux délégations et aux individus qui ont l'intention de se rendre dans le pays pour qu'ils reportent la date de départ. L'Ambassade de Chine en Thaïlande a, elle aussi, tout de suite activé le mécanisme de crise. Elle a donné des informations sur la situation aux Thaïlandais d'origine chinoise, aux ressortissants chinois et aux institutions et agences de tourisme chinoises tout en rappelant aux citoyens et personnes morales chinois qu'il faut se protéger et éviter de sortir. Dans le même temps, l'Ambassade a mis en ligne des informations concernées et mis en service une ligne verte permanente. Le Ministère chinois des Affaires étrangères et l'Ambassade de Chine en Thaïlande continueront à suivre l'évolution de la situation et les conditions des citoyens chinois dans le pays, et à accorder des assistances nécessaires aux citoyens et personnes morales chinois y compris nos compatriotes de Hong Kong, de Macao et de Taiwan.

Q : A part la visite du Vice-Ministre Dai Bingguo au Japon, le Chef du Département international du Comité central du Parti communiste chinois Wang Jiahui effectuera aussi une visite au Japon. La Chine entend-elle profiter de ces occasions pour parler avec le Japon d'une rencontre entre les dirigeants chinois et japonais en marge du Sommet de l'APEC en novembre prochain ? Dans la déclaration d'hier du porte-parole du Ministère des Affaires étrangères sur l'élection de Shinzo Abe, on lit : « nous espérons que le nouveau dirigeant du Japon mettra ses actes en accord avec ses paroles », que voulez-vous dire exactement par « mettre ses actes en accord avec ses paroles » ? Récemment, le Conseiller d'Etat Tang Jiaxuan a fait savoir que le nouveau dirigeant japonais doit éliminer totalement les obstacles politiques entre la Chine et le Japon, sans préciser pour autant ce que sont ces « obstacles politiques ». Voulait-il dire que les dirigeants japonais devraient arrêter de se rendre au Temple Yasukuni ? Ou encore d'autres problèmes comme celui des manuels d'histoire ou de l'île Diaoyu ?

R : Pour les informations sur la visite au Japon de M. Wang Jiahui, je vous propose de vous adresser au Département international du Comité central du Parti communiste chinois. L'élimination totale des obstacles politiques entravant le développement des relations sino-japonaises pour créer des conditions favorables aux échanges et à la coopération entre les deux pays, voilà l'affaire qui n'admet aucun retard.

Quant à votre question de savoir à quoi font allusion « les actes et les paroles », j'ai déjà répondu à cette question tout à l'heure, et vous pouvez y revenir.

Quant aux « obstacles politiques », c'est clair pour la partie japonaise, pour la communauté internationale et pour les amis ici présents. Et je voudrais souligner que le traitement juste et adéquat du problème historique entre la Chine et le Japon et de la question de Taiwan constitue la base politique des relations entre les deux pays.

Q : Selon des reportages, le Président de Costa Rica a rencontré hier le Ministre chinois des Affaires étrangères Li Zhaoxing en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, et ils ont discuté de l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Veuillez nous confirmer cette nouvelle et nous donner des informations sur les sujets évoqués lors de cette rencontre ? Ensuite, le Vice-Ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi est actuellement en visite au Pérou et en Argentine, veuillez nous dire quelques mots là-dessus ?

R : Sur la première question, le Ministre des Affaires étrangères Li Zhaoxing a rencontré le Président de Costa Rica Oscar Arias. La partie chinoise a exposé sa position favorable à l'établissement et au développement des relations interétatiques normales avec le Costa Rica conformément aux Cinq principes de la coexistence pacifique, dans l'esprit de la Charte des Nations Unies et sur la base des résolutions onusiennes concernées. Nous espérons que les deux parties redoubleront d'efforts pour créer des conditions favorables à la normalisation au plus vite de leurs relations.

Quant à votre deuxième question, le Vice-Ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi est en visite au Pérou et en Argentine. L'objectif principal de sa tournée est d'avoir des dialogues et des échanges de vues avec ses homologues sur le renforcement de la coopération entre le Ministère chinois des Affaires étrangères et leurs Ministères et sur le développement des relations bilatérales.

Q : La Chine est les autres grands pays ont-ils déjà fixé une nouvelle date butoir sur la question nucléaire iranienne ?

R : Je n'en ai pas entendu parler. La position de la partie chinoise sur cette question est très claire. Nous préconisons un règlement pacifique du dossier nucléaire iranien par voie de négociations diplomatiques. Nous estimons qu'il existe toujours des possibilités pour trouver un règlement pacifique au dossier nucléaire iranien par voie diplomatique. Je pense que vous avez tous pris note du progrès réalisé récemment dans les négociations entre la troïka européenne et l'Iran. Nous espérons pouvoir maintenir cette dynamique et continuer le dialogue pour que la situation évolue vers un règlement pacifique. Pour ce faire, toutes les parties doivent faire preuve de sang-froid, de patience et de souplesse afin de trouver une solution adéquate au problème.

Q : Ma question porte sur les relations sino-japonaises. Qu'est-ce que vous entendez exactement par l'élimination totale par le Japon des obstacles politiques entravant le développement des relations sino-japonaises ?

R : La cause des difficultés dans les relations sino-japonaises est évidente : l'esprit de « tirer des leçons de l'histoire et se tourner vers l'avenir » défini par les deux parties n'a pas été respecté, les trois documents politiques sino-japonais n'ont pas été observés, et la base politique des relations sino-japonaises a été endommagée. Ainsi, pour éliminer les obstacles existants, il faut revenir à l'esprit de « tirer des leçons de l'histoire et se tourner vers l'avenir » et aux principes définis dans les trois documents politiques. C'est ainsi qu'on peut ramener les relations sino-japonaises dans la voie d'un développement normal.

Q : Quelle nouvelle sur l'envoi du renfort chinois pour le maintien de la paix au Liban ?

R : Concernant l'envoi du renfort à la Finul, la Chine est en concertation avec l'ONU sur les détails.

Q : Une question sur les relations sino-japonaises. Le nouveau président du Parti libéral démocrate Shinzo Abe deviendra bientôt le Premier Ministre japonais. S'il ne dira pas clairement qu'il visitera ou non le Temple Yasukuni, est-ce que la Chine acceptera de réaliser une rencontre de sommet avec le Japon ?

R : L'attitude de la Chine sur le développement des relations sino-japonaises et la question du Temple Yasukuni est claire et constante et sa position n'a pas changé. Tout à l'heure, plusieurs parmi vous avez posé des questions sur les relations sino-japonaises. Je vous propose de vous référer aux positions et aux politiques réitérées à maintes reprises par la partie chinoise, vous trouverez toutes les réponses là-dedans.

Q : Le Premier Ministre Jonichiro Koizumi quittera bientôt son poste. Quel jugement la Chine porte-elle sur sa politique à l'égard de la Chine durant son mandat ? Celui-ci a toujours été critiqué par la Chine pour avoir visité le Temple Yasukuni, mais est-ce qu'il du positif dans sa politique étrangère ?

R : Les changements intervenus dans les relations sino-japonaises pendant les cinq ans de gouvernance du Premier Ministre Jonichiro Koizumi sont connus de tout le monde.

Q : Récemment, des officiels des pays occidentaux ont critiqué la Chine d'avoir aggravé la situation des pays pauvres africains en leur procurant des crédits à taux élevé. Est-ce que c'est la vérité ?

: Quelle nouvelle sensationnelle ! C'est comme si la pauvreté de ces pays était causée par la Chine. Ma réponse s'explique dans les deux aspects suivants : la dette et les crédits.

La Chine, elle-même un pays en développement qui n'est pas riche, a apporté un soutien actif aux pays africains pour les aider à sortir de la pauvreté et à réaliser le développement de l'économie. Ces dernières années, elle a annulé, notamment dans le cadre du Forum sur la Coopération sino-africaine, des dettes totalisant 10,5 milliards de yuans RMB en faveur de 31 pays pauvres très endettés de l'Afrique. L'année dernière, le Président Hu Jintao a déclaré, à l'Assemblée générale des Nations Unies, la décision du gouvernement chinois d'accorder le traitement de tarif zéro à une partie des marchandises des 39 pays africains les moins avancés ayant établi des relations diplomatiques avec la Chine, et d'annuler, en espace deux ans, les dettes des PPTE africains dues à la Chine, échues avant la fin de 2004 et générés par les crédits sans intérêt ou les crédits préférentiels.

Il est à souligner en même temps que sur la question de l'élimination de la pauvreté, la communauté internationale, notamment les pays développés, se doit de prendre des mesures substantielles pour réduire sensiblement les dettes pour aider les pays en développement à sortir du cycle vicieux de l'endettement.

Concernant les crédits, d'après nous, les pays à bas revenus ont un énorme besoin de financement dans leur développement économique. Si les crédits à taux préférentiel ne peuvent pas satisfaire totalement leur besoin de développement économique, il est compréhensible que ces pays cherchent d'autres sources de financement, dont les crédits à taux non préférentiel. L'essentiel est de savoir si ces crédits peuvent contribuer au développement économique de ces pays, à la réduction de la pauvreté et à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement des Nations Unies.

La Chine, pays en développement responsable, a toujours œuvré pour une communauté internationale harmonieuse et prospère. Elle s'est attachée à aider les pays pauvres et les pays à bas revenus, dont ceux de l'Afrique, à développer leur économie nationale. Quant à l'utilisation des crédits, nous tachons à en améliorer l'efficacité, suivant les principes de l'ouverture, de l'équité et de la transparence. Les crédits préférentiels accordés par la Chine aux pays en développement sont destinés principalement au perfectionnement des infrastructures dans ces pays et à l'intensification de la coopération mutuellement avantageuse entre les entreprises des deux parties. Ces crédits ont joué un rôle pour améliorer le bien-être de la population locale et réaliser le développement durable des pays en développement. Nous estimons par ailleurs qu'il faut prendre des mesures concrètes pour aider les pays africains à sortir de la pauvreté. Toute mesure, que ce soit des aides ou des prêts, au lieu d'être un simple moyen de financement pour les pays africains, doit contribuer à améliorer leur propre capacité de développement durable. La Chine a pris des mesures actives pour accroître l'importation des produits africains, comme par exemple la réduction et l'annulation des tarifs douaniers, et elle encourage les entreprises chinoises à investir en Afrique et y mener une coopération mutuellement avantageuse. En outre, la Chine attache une haute importance à la coopération technologique avec les pays africains, et elle a formé pour les pays africains des techniciens de différentes disciplines. Tout cela a pour objectif d'aider les pays africains à réaliser un développement durable.

Q : Une autre question sur les relations sino-japonaises. Maintenant que Monsieur Shinzo Abe est devenu le nouveau chef du parti, êtes-vous plus optimiste ou plus pessimiste sur les relations sino-japonaises ?

R : C'est tout bref, il faut écouter ce qu'il dit et voir ce qu'il fait.

Si vous n'avez plus de question, je lève la séance et je vous remercie. A la prochaine.


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