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Conférence de presse du 27 mai 2008

2008/05/27


Dans l'après-midi du 27 mai 2008, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Qin Gang a tenu une conférence de presse régulière et répondu aux questions concernant les relations entre la Chine et la République de Corée, les pourparlers à six, le dialogue sino-américain sur les droits de l'homme, etc.

Qin Gang : Mesdames et Messieurs, bonjour. Maintenant je suis prêt à répondre à vos questions.

Q : Avant sa visite en Chine, le Président de la République de Corée Lee Myung-bak a annoncé une nouvelle politique diplomatique à l'égard de la Chine pour faire du partenariat global entre les deux pays un partenariat stratégique. Comment la Chine apprécie-t-elle l'importance d'un partenariat stratégique entre elle et la République de Corée ? Est-ce que la Chine est prête à établir un tel partenariat avec la République de Corée ? Le gouvernement de Lee Myung-bak a déclaré en même temps qu'il renforcerait l'alliance militaire avec les Etats-Unis. A votre avis, quels seront les impacts des relations entre les Etats-Unis et la République de Corée sur la situation sécuritaire en Asie du Nord-Est ? Les relations entre la Chine et la République de Corée en seront-elles affectées ? Ma troisième question, certains estiment que la question sur Koguryo, celle sur la montagne Changbaishan ainsi que les incidents survenus pendant le passage de la torche olympique à Séoul ont porté atteinte aux sentiments entre les peuples des deux pays. Quel est votre commentaire ?

R : Sur votre première question, le Président de la République de Corée Lee Myung-bak arrivera cet après-midi à Beijing pour une visite d'Etat en Chine. Les deux pays accordent tous une grande importance à cette visite. La Chine et la République de Corée sont l'une pour l'autre pays voisins et partenaires importants. Il importe tout particulièrement pour les deux parties de maintenir le bon voisinage et la coopération amicale, d'approfondir sans cesse la confiance mutuelle, d'élargir la coopération et de promouvoir la connaissance mutuelle et l'amitié entre les deux peuples. Cela non seulement correspond aux intérêts fondamentaux des deux peuples, mais également profite à la paix, à la stabilité et à la prospérité de la région.

La partie chinoise a fait des préparations sérieuses et approfondies pour la visite en Chine de M. Lee Myung-bak. Les dirigeants chinois attendent de procéder avec lui à des échanges de vues approfondis et larges sur les relations bilatérales et les questions internationales et régionales d'intérêt commun. La Chine et la République de Corée partagent la même volonté de porter sans cesse leurs relations à de nouveaux paliers, et sont prêtes à travailler en commun pour y parvenir. Quant aux résultats concrets de cette visite, notamment en ce qui concerne une éventuelle nouvelle appréciation plus haute des relations bilatérales, je vous prie de patienter encore quelques heures.

Sur votre deuxième question, l'alliance militaire entre les Etats-Unis et la République de Corée est léguée par l'histoire. Comme tout le monde le sait, le temps a évolué, et la situation dans les pays de la région a beaucoup changé. Il ne faut pas envisager, ni apprécier ni gérer les questions sécuritaires auxquelles font face le monde d'aujourd'hui ou les différentes régions dans la logique des « alliances militaires » issues de la guerre froide.

La Chine préconise un nouveau concept de sécurité caractérisé par la confiance mutuelle, le bénéfice réciproque, l'égalité et la coopération. Cela veut dire que les pays ayant des intérêts sécuritaires dans la région devraient renforcer leur confiance mutuelle, approfondir leur coopération et travailler en commun à la sauvegarde de la sécurité régionale, voilà le seul moyen efficace. La Chine est prête à déployer des efforts ensemble avec la République de Corée et les autres pays de la région pour réaliser cet objectif.

La mise en place d'un mécanisme de sécurité en Asie du Nord-Est est un sujet à discuter dans le processus des pourparlers à six. Nous espérons également qu'avec l'approfondissement de la confiance mutuelle entre les pays concernés et le progrès des pourparlers à six, nous parviendrons le plus vite possible à un consensus sur le cadre de sécurité de l'Asie du Nord-Est, et cela correspond aux intérêts communs des pays concernés de la région.

Quant aux problèmes existant entre la Chine et la République de Corée, je voudrais souligner que nous devons les prendre au sérieux, mais également reconnaître que ces problèmes ne sont pas le courant principal des relations bilatérales, et qu'il faut y apporter des solutions adéquates dans un esprit de respect mutuel et à travers des consultations amicales pour ne pas porter atteinte au développement des relations bilatérales ni blesser les sentiments d'amitié entre les deux peuples. La Chine et la République de Corée ont toutes les deux le devoir de résoudre adéquatement leurs divergences et d'encourager leurs citoyens à comprendre et à apprécier justement les problèmes existant entre les deux pays afin de réaliser une bonne entente durable.

La Chine a exprimé clairement sa position sur les incidents survenus lors du passage de la torche olympique à Séoul ainsi que les questions sur Koguryo et la montagne Changbaishan. Nous espérons que les deux parties pourront régler adéquatement ces questions à travers des consultations amicales pour éviter qu'elles ne deviennent des obstacles au développement des relations entre les deux pays. Sur ce point-là, la Chine et la République de Corée partagent le même point de vue.

Q : Le chef de la délégation de la RPDC pour les pourparlers à six Kim Kye-gwan est arrivé à Beijing, et le chef de la délégation américaine viendra en Chine dans quelques jours. Quand auront lieu les entretiens entre le Vice-Ministre Wu Dawei et les différentes parties ?

R : Le chef de la délégation chinoise et Vice-Ministre Wu Dawei rencontrera respectivement, à Beijing, les chefs des délégations des Etats-Unis, de la RPDC, du Japon et de la République de Corée respectivement pour échanger leurs points de vue sur la promotion des pourparlers à six et d'autres questions. En même temps, nous souhaitons voir les autres parties engager des communications bilatérales larges et efficaces afin de mettre en œuvre les actions de la deuxième phase le plus tôt possible et de manière globale et équilibrée. Pour l'instant, je ne suis pas en mesure de vous donner plus de détails sur ces consultations.

Q : Quand la RPDC soumettra-t-elle la déclaration sur son programme nucléaire ? Pendant les prochains entretiens à Beijing ou bien il faut encore attendre ? Quelle est l'attente de la partie chinoise ?

R : Le document conjoint publié à l'issu des pourparlers à six comporte des stipulations précises sur la déclaration par la RPDC de son programme nucléaire et des matériaux nucléaires. Les différentes parties ont également pris des engagements à cet égard. Nous espérons que le document conjoint et les engagements des différentes parties seront mis en œuvre de manière complète et équilibrée. Au cours de ce processus, toutes les parties auront à renforcer leur communication, à approfondir leur confiance mutuelle et à travailler en commun tout en faisant preuve de flexibilité et de pragmatisme, afin de faire avancer les actions de la deuxième phase. Nous espérons voir les pourparlers à six progresser sans cesse et le plus rapidement possible, c'est aussi le souhait de toutes les six parties. Nous devons tous déployer des efforts dans ce sens.

Q : Pensez-vous que les Etats-Unis pourront faire plus d'efforts sur la question nucléaire de la Péninsule coréenne ?

R : Nous avons remarqué que récemment, il y a eu des contacts assez fréquents et une interaction positive entre les Etats-Unis et la RPDC. Nous pensons que cela contribuera au progrès du processus des pourparlers à six. Nous espérons que ces deux parties maintiendront ce bon élan et obtiendront des résultats positifs que ce soit sur la dénucléarisation de la Péninsule coréenne ou sur l'amélioration de leurs relations. La Chine est prête à continuer à jouer un rôle positif.

Q : Veuillez nous donner des informations sur le programme de la visite à la partie continentale du Président du parti Guomindang de Taiwan de Chine Wu Boxiong. Sera-t-il reçu par le Président Hu Jintao demain ? Dans l'avenir, la partie continentale invitera-t-elle d'autres dirigeants de la région de Taiwan à venir faire des visites ?

R : Comme votre question porte sur les relations interdétroit, je vous prie de vous renseigner auprès du Bureau du Conseil des Affaires d'Etat pour les affaires de Taiwan.

Q : Veuillez nous donner des informations sur les aides que des gouvernements étrangers et des organisations internationales ont accordées aux régions sinistrées du Sichuan ? Combien d'équipes de secouristes internationales travaillent-elles toujours au Sichuan ?

R : Selon les informations dont dispose le Ministère des Affaires étrangères, les gouvernements et organisations non gouvernementales de 155 pays ainsi qu'une dizaine d'organisations internationales et régionales ont fait part de leur intention de fournir à la Chine des aides financières avec une somme totale de 1,9 milliard de yuans, dont 668 millions de yuans, soit plus d'un tiers, ont déjà été versés au compte du Ministère des Affaires étrangères. En plus, les gouvernements et organisations non gouvernementales de 54 pays se sont déclaré prêts à faire des dons en nature dont la valeur s'élève à 524 millions de yuans. Les aides matérielles d'une valeur de 151 millions de yuans venant de 31 pays sont déjà arrivées dans les régions sinistrées. Il est difficile de vous donner un chiffre exact étant donné que la valeur des aides de certains pays n'a pas été précisée. En ce qui concerne les tentes dont on a un besoin urgent, 210 200 unités nous ont été promises par des pays étrangers dont 47 900 sont déjà arrviées dans les régions sinistrées.

A ma connaissance, les équipes de secouristes étrangers ont déjà quitté la Chine successivement.

A cette occasion, nous voudrions réitérer nos sincères remerciements à tous les pays, organisations et individus qui ont fourni des aides à la Chine.

Q : La communauté internationale a une attitude critique sur la situation des droits de l'homme en Chine, notamment sur la façon de gérer l'événement de Lhassa par le gouvernement chinois ? Quel est votre commentaire ?

R : Nous ne pouvons certainement pas accepter ce genre de critiques et de reproches.

Comme tout le monde le sait, au cours de ces dernières décennies et notamment depuis la mise en application de la politique de réforme et d'ouverture, la Chine a obtenu des progrès considérables et des succès reconnus universellement dans le domaine des droits de l'homme. Le peuple chinois jouit, en vertu de la loi, des droits de l'homme et des libertés fondamentales sans précédent. Puisque vous vivez en Chine, vous pouvez certainement remarquer que dans la Chine d'aujourd'hui, l'économie se développe, la société progresse, les conditions de vie de la population s'améliorent sans cesse, et les droits et les libertés dont les habitants jouissent en vertu de la loi sont pleinement garantis. Vous pouvez également constater, à travers le récent tremblement de terre, que le gouvernement chinois a toujours accordé la priorité à l'homme dans la lutte contre le séisme. La Chine tout entière, que ce soit le gouvernement ou les différents milieux de la société, s'est mobilisée pour porter secours aux sinistrés. C'est là justement une bonne illustration du respect et de la protection des droits de l'homme par le gouvernement chinois.

Quant à l'événement que vous avez évoqué et qui s'est produit le 14 mars au Tibet, il s'agit d'un incident criminel extrêmement violent accompagné de sabotages, de pillage et d'incendies criminels. Cet événement s'est déjà passé depuis deux mois et durant ces deux mois, nous avons éclairci à plusieurs reprises notre position sur cet événement. Les autorités centrales compétentes et le gouvernement de la Région autonome du Tibet ont traité ces incidents de violence criminelle selon la loi, c'est justement pour défendre l'autorité de la loi et protéger les droits de l'homme des Chinois de toutes les ethnies, y compris de nos compatriotes tibétains. Je souhaite que les personnes concernées des pays étrangers puissent envisager la situation des droits de l'homme en Chine de manière objective et juste, respecter les faits et rejeter les préjugés.

Je vous invite aussi à faire attention au terme que vous avez employé. Vous avez parlé de la « communauté internationale », je ne sais pas à qui cela fait référence. Ceux qui lancent des accusations gratuites contre la Chine, disent n'importe quoi, regardent la Chine avec leurs préjugés et pinaillent sur tout ce qui se passe dans ce pays, quel pourcentage représentent-ils dans la population mondiale ? Peuvent-ils représenter la communauté internationale ? De quel droit peuvent-ils prétendre représenter la communauté internationale ?

Q : Pourriez-vous nous présenter les sujets du dialogue sur les droits de l'homme que la Chine et les Etats-Unis ont repris cette semaine ? Quels seront les officiels chinois qui rencontreront la délégation américaine ?

R : La 14e session du dialogue sur les droits de l'homme entre la Chine et les Etats-Unis a eu lieu hier à Beijing. Elle a été coprésidée par M. Wu Hailong, Directeur général des Organisations et des Conférences internationales du Ministère chinois des Affaires étrangères, et M. David Kramer, Sous-Secrétaire d'Etat américain. Les deux parties ont échangé leurs vues sur les questions d'intérêt commun.

Durant ce dialogue, M. Kramer a d'abord exprimé sa sympathie et sa compassion à la Chine pour le violent tremblement de terre à Wenchuan dans la province du Sichuan et a hautement apprécié la réaction du gouvernement chinois face à ce séisme. Selon lui, cela montre pleinement que le gouvernement chinois respecte les droits de l'homme, notamment les droits à la vie et à l'existence. Le Directeur général Wu Hailong l'a remercié et a présenté la position constante de la Chine sur les questions des droits de l'homme. Il a souligné que le dialogue devait être mené conformément aux principes de l'égalité et du respect mutuel. Selon lui, quant aux différends qui existent entre les deux parties sur certaines questions, il faut les traiter et les régler de manière constructive, au lieu de pratiquer deux poids, deux mesures, ou de créer la confrontation, et il ne faut surtout pas s'immiscer dans les affaires intérieures d'autres pays sous le prétexte des droits de l'homme. M. Kramer s'est dit d'accord avec les principes de l'égalité et du respect mutuel qui doivent régir le dialogue sino-américain sur les droits de l'homme. Il a exprimé le souhait des Etats-Unis de travailler ensemble avec la Chine pour prouver la capacité des deux pays à régler, de façon constructive, leurs différends sur les questions des droits de l'homme.

Le Directeur général Wu Hailong a présenté les progrès enregistrés par la Chine en matière des droits de l'homme. Selon lui, les Chinois sont pleinement confiants en développement des droits de l'homme dans leur pays. Il a affirmé que la Chine connaîtrait un développement encore plus grand et plus vaste dans ce domaine. M. Kramer a aussi affirmé que les progrès obtenus par la Chine dans le domaine des droits de l'homme étaient encourageants. Il a aussi fait connaître à la partie chinoise les récents progrès des Etats-Unis en matière des droits de l'homme. Les deux interlocuteurs ont également échangé leurs vues et expliqué leurs idées et positions respectives sur d'autres questions d'intérêt commun. Ils ont tous porté un jugement favorable sur le dialogue.

Durant son séjour à Beijing, M. Kramer a été reçu respectivement par le Ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi et le Ministre assistant Liu Jieyi. La délégation américaine a aussi visité d'autres départements chinois concernés.

Q : Sur les pourparlers à six, pourriez-vous nous révéler les dates et les heures exactes des rencontres entre le Vice-Ministre Wu Dawei et les autres chefs de délégation à Beijing ?

R : Concernant le programme des entretiens, il reste encore à fixer, car nous sommes toujours en consultation avec les autres parties concernées. Je ne peux donc pas, pour l'instant, vous donner les dates et les heures exactes.

Si vous n'avez plus de question, je lève la séance. Merci de votre présence et à la prochaine.


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