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Page d'accueil > Archives > Thèmes sur sites > Hu Jintao visite le Brunei, l' Indonésie et les Philippines et participe au Sommet Asie-Afrique 2005 et aux activités de commémoration du 50e anniversaire de la Conférence de Bandung
 
AVANÇONS AVEC NOTRE EPOQUE, OUVRONS DE NOUVELLES PERSPECTIVES ET TRAVAILLONS POUR UN NOUVEAU PARTENARIAT STRATEGIQUE AFRO-ASIATIQUE

2005/04/22


(Traduction)

 

Avançons avec notre époque,

ouvrons de nouvelles perspectives

et travaillons pour un nouveau partenariat
stratégique afro-asiatique

 

Intervention de S.E.M. Hu Jintao,

Président de la République populaire de Chine

au Sommet Asie-Afrique

(Jakarta, 22 avril 2005)

Respecté Monsieur le Président Susilo Bambang Yudhoyono,

Respecté Monsieur le Président Thabo Mbeki,

Chers collègues,

Il y a un demi-siècle, a eu lieu dans ce beau pays une rencontre historique entre le Premier Ministre chinois Zhou Enlai que vous connaissez tous et des dirigeants d'Asie et d'Afrique. Cinquante ans après, je suis très heureux de venir au sommet Asie-Afrique à Jakarta et de vous rencontrer, chers collègues, en apportant les profonds sentiments d'amitié des 1,3 milliard de Chinois envers les peuples afro-asiatiques. Je voudrais tout d'abord exprimer mes sincères remerciements aux présidents Susilo Bambang Yudhoyono et Thabo Mbeki pour leur aimable invitation et ma sincère gratitude au gouvernement indonésien pour les parfaites dispositions qui ont été prises à notre égard.

Nous voilà réunis aujourd'hui ici, avec la même bonne volonté, celle de passer en revue le chemin parcouru, d'envisager l'avenir et de promouvoir notre coopération afin de construire en commun un nouveau partenariat stratégique afro-asiatique.

La Conférence afro-asiatique qui a eu lieu il y a 50 ans fut un jalon important du mouvement de la libération nationale en Asie et en Afrique et une grande initiative dans l'histoire des relations internationales. Cette conférence marqua l'entrée éclatante des pays en développement asiatiques et africains sur la scène internationale en tant qu'une force montante et indépendante. Les 10 principes que la Conférence a affirmés pour le règlement des relations entre états ont posé une base essentielle pour l'instauration d'un nouvel ordre politique et économique international juste et équitable. L'esprit de Bandung, esprit de solidarité, d'amitié et de coopération, qui est né de cette conférence, a inspiré pendant un demi-siècle les nombreux pays en développement dans leur lutte persévérante pour réaliser le renouveau national et promouvoir le progrès de l'humanité. Il a grandement encouragé les pays asiatiques et africains, décidés désormais à s'unir pour leur puissance, et contribué à la paix et au développement dans le monde.

Chers Collègues,

Nous sommes très heureux de constater qu'aujourd'hui l'Asie et l'Afrique ont remporté des succès historiques dans leurs efforts de redressement et de développement. En effet, 50 ans après, grâce au travail opiniâtre de nos peuples, nos pays ont enregistré des progrès remarquables dans le développement économique et social, et la coopération afro-asiatique a pris un grand essor. Le dialogue et la coordination sans cesse renforcés ont permis aux pays afro-asiatiques d'affirmer leur position et de jouer un rôle nettement plus important sur la scène internationale. Entrées au 21e siècle, l'Asie et l'Afrique, deux berceaux de la civilisation humaine, avancent à pas de géant sur la voie du développement et du renouveau et voient s'ouvrir devant elles des perspectives splendides.

À envisager la situation mondiale actuelle dans son ensemble, la paix, le développement et la coopération représentent le courant de notre époque. Avec l'approfondissement de la mondialisation, le progrès fulgurant des sciences et technologies, l'accélération des mouvements des facteurs de production et des délocalisations, ainsi que l'interdépendance toujours plus étroite entre les pays, des opportunités sans précédent s'offrent aux pays asiatiques et africains pour réaliser un développement accéléré. Cependant, l'hégémonisme, le terrorisme, les guerres locales, la criminalité transnationale menacent toujours la paix et la stabilité dans le monde. La détérioration de l'environnement, les catastrophes naturelles et les épidémies continuent de mettre en péril l'existence et le développement de l'humanité. Des facteurs externes, tels que les inégalités de développement économique, l'élargissement du fossé Nord-Sud, le retour du protectionnisme, ainsi qu'une base économique faible des pays en développement, ont placé ces derniers devant bien des difficultés et problèmes dans leur développement socio-économique, et certains d'entre eux doivent même faire face au risque de marginalisation.

Ces nouvelles données, avec tout ce qu'elles comportent pour nous comme opportunités et défis, nous posent de nouvelles exigences et nous placent devant des responsabilités et des tâches historiques communes. Celles-ci, très lourdes certainement, consistent à accélérer le développement économique et social et à améliorer les conditions de vie de nos peuples ; à faire face aux menaces sur la sécurité, traditionnelles ou non traditionnelles, et à maintenir la paix et la stabilité dans le monde ; à défendre les droits et intérêts des pays en développement et à instaurer un ordre politique et économique international qui soit juste et équitable.

Confrontés aux mêmes tâches et responsabilités, il nous faut aujourd'hui faire rayonner davantage l'esprit de Bandung, saisir les opportunités historiques et renforcer notre solidarité et notre coopération pour mettre au point un plan global d'approfondissement de notre coopération et les grandes lignes du nouveau partenariat stratégique afro-asiatique. Je suis convaincu que ce sommet, tenu à un moment historique important pour le développement de nos pays, marquera un nouveau point de départ pour la coopération afro-asiatique et s'inscrira comme un événement épique dans les annales des relations afro-asiatique.

Chers collègues,

Construire un partenariat stratégique afro-asiatique de type nouveau, appelé à durer, à s'enrichir et à évoluer avec le temps, voilà pour nous tous un enjeu majeur. Je voudrais profiter de cette occasion pour vous faire part de nos réflexions sur ce sujet.

Sur le plan politique, nous autres pays asiatiques et africains gagnerons à devenir des partenaires qui se respectent et se soutiennent. Nous devrons nous en tenir aux règles fondamentales régissant les relations internationales et universellement reconnues, notamment la Charte des Nations Unies, les cinq principes de la coexistence pacifique et les dix principes de la Conférence de Bandung, pour faire valoir l'égalité souveraine des États, promouvoir ensemble le multilatéralisme et la démocratisation des relations internationales, préserver le rôle central de l'ONU dans les affaires internationales et sauvegarder les droits et intérêts légitimes des pays en développement.

Sur le plan économique, les pays asiatiques et africains construiront des partenariats commandés par les principes de complémentarité, d'avantages réciproques et de gagnant-gagnant. Ils travailleront à diversifier et à enrichir leur coopération tout en multipliant les modalités, à étudier les possibilités d'un libre échange, et à encourager la coopération économique et commerciale et les investissements croisés. Leurs efforts devront aussi porter sur les échanges et la coopération entre les organisations régionales des deux continents, avec une forte mobilisation des gouvernements, des milieux non gouvernementaux, des entreprises et des organisations internationales. Pour être mieux à même de relever les défis de la mondialisation, ils devront mener des dialogues sur la stratégie de développement et s'inspirer mutuellement pour faire des progrès communs. En ce qui concerne l'élaboration des règles internationales en matière économique, financière et commerciale, ils devront y prendre une part active avec une meilleure concertation entre eux, afin de pouvoir bénéficier des conditions plus équitables dans la compétition et de se créer plus d'occasions d'accès au marché et d'espaces de développement. Il leur revient aussi de promouvoir la coopération Sud-Sud afin de rendre la mondialisation économique équilibrée et bénéfique pour tous selon le principe du gagnant-gagnant.

Sur le plan culturel, nous devons nous inspirer mutuellement et nous compléter dans le cadre des partenariats. Il nous faut développer la bonne tradition de la Conférence afro-asiatique qui consiste à rechercher des points communs par-delà les divergences, préconiser l'ouverture d'esprit et la tolérance, respecter la diversité des civilisations, des religions et des conceptions des valeurs ainsi que les droits autonomes de chaque pays de choisir son propre régime social et son mode de développement, promouvoir la coexistence et le dialogue sur un pied d'égalité entre les civilisations pour leur prospérité commune et construire ensemble un monde harmonieux.

Sur le plan de la sécurité, nous avons intérêt à tisser des partenariats basés sur l'égalité, la confiance réciproque, le dialogue et la concertation. Il nous faut affirmer un nouveau concept de sécurité caractérisé par le bénéfice mutuel, la confiance réciproque, l'égalité et la coopération, pour renforcer la confiance à travers le dialogue, dissiper les tensions par la concertation et réaliser la stabilité grâce à la coopération. C'est ainsi que nous serons en mesure de faire face aux menaces sur la sécurité de tout ordre, classiques ou non classiques, et de sauvegarder la paix dans le monde.

Chers collègues,

Le développement, seule et unique voie permettant d'assurer le bien-être du peuple et le progrès social et garantie sûre de l'indépendance politique et de la stabilité nationale, constitue la tâche la plus pressante des pays afro-asiatiques. Le développement de l'Asie et de l'Afrique est indissociable de celui des autres régions du monde. Les deux continents, à eux seuls, représentent la moitié de la superficie de la planète et les trois quarts de sa population. Il n'y aurait pas de développement dans le monde sans celui des pays asiatiques et africains. De même, pour se développer, ces derniers ne peuvent se passer des échanges et de la coopération avec les autres pays du monde. Sauvegarder la paix dans le monde et promouvoir le développement commun sont donc une tâche à long terme commune à tous les pays. Nous devons, sur la base de l'égalité et des avantages réciproques, développer et améliorer les relations entre le Nord et le Sud, et promouvoir leur dialogue et leur coopération, afin de défendre et d'étendre les droits et intérêts légitimes des pays en développement, de réaliser le gagnant-gagnant sur la base des avantages réciproques et dans la complémentarité et d'apporter par là notre contribution à la paix, à la stabilité et à la prospérité du monde et au progrès de l'humanité toute entière.

Chers Collègues,

Je voudrais réaffirmer ici solennellement ce qui suit : la Chine suivra fermement la voie de développement pacifique ; sa politique extérieure a pour objectif de défendre la paix mondiale et de promouvoir le développement commun. La Chine sera toujours un membre des pays en développement et le renforcement de la solidarité et de la coopération avec les autres pays en développement constitue une pierre angulaire de sa diplomatie. Elle restera toujours aux côtés des nombreux pays en développement pour affronter ensemble l'épreuve dans la lutte pour assurer la paix dans le monde et promouvoir le développement partagé.

La Chine ne saurait réaliser son développement sans la coopération avec les pays en développement. Au cours de plus d'un demi-siècle qui a suivi la fondation de la Chine nouvelle, nous avons bénéficié de l'appui ferme et de l'aide de ces pays dans l'édification nationale comme dans nos efforts pour la sauvegarde de la souveraineté d'état et la réunification du pays. Le gouvernement et le peuple chinois leur resteront éternellement reconnaissants.

La Chine œuvrera toujours ensemble avec les pays d'Asie et d'Afrique pour leur prospérité commune. Elle représente le marché qui a connu la plus forte croissance des exportations de ces pays. En 2004, elle a réalisé avec eux un volume d'échanges de 462, 99 milliards de USD, soit 40% de son commerce extérieur. Elle a accordé à plusieurs pays les moins avancés d'Asie et d'Afrique le traitement de tarifs douaniers préférentiels et annulé, en leur faveur, en totalité ou en partie, des dettes. Par ailleurs, elle a renforcé le dialogue et la coopération avec des organisations régionales d'Asie et d'Afrique, notamment avec l'ASEAN, l'Union africaine et la Ligue des États arabes, et a créé le Forum sur la Coopération sino-africaine et le Forum sur la Coopération sino-arabe, ce qui a permis de porter la coopération entre la Chine et les pays d'Asie et d'Afrique à un nouveau palier. À la fin de 2004, des pays de l'Océan indien ont été frappés par le séisme et le tsunami. Le gouvernement et le peuple chinois, étroitement solitaires avec eux, ont entrepris la plus grande action humanitaire à l'étranger, témoignant par là leur ferme détermination et leur volonté sincère d'accompagner les peuples éprouvés d'Asie et d'Afrique.

Chers Collègues,

Renforcer la solidarité et la coopération afro-asiatique, préserver la paix et la stabilité en Asie et en Afrique, et promouvoir le développement et le redressement des deux continents, voilà une mission historique que notre époque nous a assigné. Le renouveau de l'Asie et de l'Afrique a devant lui de belles perspectives, mais il doit passer par une voie sinueuse et exige de nous des efforts de longue haleine. Que nous travaillions côte à côte et la main dans la main pour pérenniser et faire rayonner l'esprit de Bandung, inscrire de nouveaux chapitres dans la coopération afro-asiatique et créer ensemble avec les autres peuples un monde meilleur.

Je vous remercie.


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