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Page d'accueil > Archives > Thèmes sur sites > Visites du Premier Ministre Wen Jiabao en France, en Slovaquie, en République tchèque, au Portugal et en Malaisie, et sa participation au 9e Sommet Chine-ASEAN, au 9e Sommet ASEAN-Chine-Japon-République de Corée et au premier Sommet de l'Asie de l'Est
 
Discours prononcé par le Premier Ministre Wen Jiabao au cours du Dialogue des Dirigeants du Sommet de l'Asie de l'Est

2005/12/14


Le 12 décembre 2005, le Premier Ministre Wen Jiabao a prononcé, au cours du Dialogue des Dirigeants du Sommet de l'Asie de l'Est, un discours important qui s'articule autour du thème « le développement pacifique de la Chine : une opportunité pour l'Asie de l'Est », dont voici le texte intégral :

Le développement pacifique de la Chine :

une opportunité pour l'Asie de l'Est

--Discours prononcé par le Premier Ministre Wen Jiabao aucours du Dialogue des Dirigeants du Sommet de l'Asie de l'Est

(Kuala Lumpur, Malaisie, 12 décembre 2005)

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,

Je suis très heureux de venir participer au Dialogue des Dirigeants du Sommet de l'Asie de l'Est et de discuter avec vous, chers amis du monde industriel et commercial, de la coopération économique en Asie de l'Est. Je voudrais profiter de cette occasion pour remercier sincèrement les organisateurs du Dialogue pour leur aimable invitation.

L'économie mondiale connaît actuellement des changements profonds : la mondialisation économique et la coopération régionale vont en s'approfondissant, la circulation des facteurs de production et la relocalisation des industries s'accélèrent et la nouvelle révolution des sciences et technologies est en plein essor. L'Asie de l'Est est devant donc des opportunités historiques pour réaliser un développement à grandes enjambées. Cependant, le développement économique fait face à des risques croissants, avec notamment une concurrence plus intense dans l'économie mondiale, un fossé plus élargi entre les riches et les pauvres, un ordre économique international peu rationnel et un protectionnisme commercial marqué par de nouvelles manifestations. Comment, dans une économie mondiale en mutation rapide, saisir les opportunités et éviter les risques pour réaliser le développement, voilà une question qui mérite la réflexion de tous les pays du monde.

Depuis de nombreuses années, les pays de l'Asie de l'Est qui ont toujours œuvré pour accompagner la mondialisation économique, ont veillé à restructurer leurs économies, à élargir leur ouverture sur l'extérieur et à promouvoir la coopération régionale. Avec des résultats notables dans son développement socio-économique, l'Asie de l'Est, en tant que région émergente la plus dynamique qui renferme le plus de potentiel sur le plan économique, a focalisé l'attention du monde entier. Ceci dit, nous ne devons pas perdre de vue que notre région est toujours confrontée à une industrialisation peu développée dans son ensemble, à une structure économique loin d'être rationnelle, à des problèmes écologiques chaque jour plus aigus et à un déséquilibre plus marqué entre les pays de la région, et que réaliser une croissance économique soutenue, rapide et harmonieuse reste encore un défi majeur pour elle.

Face à cette nouvelle situation, il convient de bien faire le point des expériences et des leçons du développement de notre région et de témoigner une vision à long terme et un esprit entreprenant et innovant de sorte à renforcer la coopération et à trouver ensemble une stratégie permettant d'assurer un développement meilleur et accéléré de notre région. C'est justement dans cette logique que nous, pays de l'Asie de l'Est, ont pris l'initiative de créer une nouvelle plate-forme qu'est le Sommet de l'Asie de l'Est, qui, j'en suis convaincu, contribuera ensemble avec d'autres mécanismes de coopération déjà existants à réunir la sagesse, à concentrer les forces et à réaliser la complémentarité pour enrayer une voie de développement marquée par une coopération approfondie à l'intérieur de la région et une ouverture élargie à l'extérieur et conforme aux réalités de la région, et ouvrir de nouveaux horizons pour un développement régional qui bénéficie à tout le monde.

Mesdames et Messieurs,

La Chine a enregistré, depuis le lancement de la politique de réforme et d'ouverture il y a 27 ans, une croissance économique rapide de 9,4% par an. En 2004, elle a obtenu dans sa modernisation des résultats remarquables. Son PIB a atteint environ 2 000 milliards de dollars US, la population pauvre rurale est passée de 250 millions à 26 millions d'habitants, et la part qu'elle occupe dans l'économie mondiale s'est élevée à 4% au lieu de 1% en 1978.

En même temps, nous sommes clairement conscients que la Chine se trouve et se trouvera pour une longue période dans une phase sous-développée et qu'elle devra affronter de nombreuses difficultés et défis dans sa marche en avant. Notre PIB par tête d'habitant nous classe derrière les cent premiers du monde bien que l'économie chinoise représente une taille considérable. A cela s'ajoutent encore un important déséquilibre entre les villes et les campagnes et entre les différentes régions, une forte pression de l'emploi, une absence des innovations autonomes, un niveau technologique peu élevé de nos industries, un mode de croissance extensive n'ayant pas changé radicalement et une contradiction plus aiguë entre un développement socio-économique rapide d'une part et la manque de ressources et la pollution de l'environnement d'autre part. Voilà autant de problèmes dont le règlement nécessite encore des efforts considérables et à long terme.

La Chine se trouve actuellement sur un nouveau point de départ historique pour son développement. Nous sommes en train d'élaborer le XIe plan quinquennal. Dans les cinq ans à venir, nous nous efforcerons à appliquer le concept de développement scientifique pour conduire l'ensemble du développement économique et social et à régler, grâce au développement et à la réforme, tous les problèmes apparus au cours de la modernisation.

Nous travaillerons à maintenir une croissance économique régulière et relativement rapide, à accélérer la restructuration stratégique de notre économie et à promouvoir la croissance grâce à l'accroissement de la demande domestique.

Nous travaillerons à changer rapidement le mode de croissance économique, à nous engager sur une nouvelle voie de l'industrialisation et à construire une société économe et une société respectueuse de l'environnement.

Nous travaillerons à accroître nos capacités d'innovation autonome, à maîtriser les technologies clés et à accélérer l'application des acquisitions scientifiques et technologiques pour élever le niveau technologique de nos industries.

Nous travaillerons à assurer un développement équilibré en accélérant la construction des nouvelles régions rurales et en poursuivant les stratégies de développement régional comme celles visant à mettre en valeur l'Ouest et à revitaliser les anciennes bases industrielles du Nord-Est et à promouvoir une meilleure intégration et interaction entre les villes et les campagnes et entre les diverses régions.

Nous travaillerons à renforcer l'édification d'une société harmonieuse en développant à pas accélérés les services d'intérêts sociaux comme l'éducation, la santé et la culture, à créer davantage d'emplois et à faire avancer la construction du système de protection sociale en vue d'une meilleure équité dans la société.

Nous travaillerons à approfondir sans cesse la réforme et l'ouverture pour devenir un partenaire actif dans la mondialisation tout en appliquant à la stratégie d'ouverture du gagnant-gagnant.

En envisageant l'avenir, nous sommes pleinement confiants. Notre objectif, c'est de doubler en 2010 le PIB per capita de l'an 2000, de réaliser en 2020 un PIB de 4 000 milliards de dollars US et un PIB per capita de 3 000 dollars, et finalement de réaliser notre plan grandiose de construire sur tous les plans une société d'aisance moyenne.

Mesdames et Messieurs,

Pour réaliser son développement, la Chine ne peut s'isoler du monde, et encore moins de l'Asie de l'Est. Sa politique étrangère dite « amitié et partenariat avec les pays voisins » a contribué à rapprocher la Chine de ses pays limitrophes et donc à faire asseoir la coopération entre la Chine et les états de l'Asie de l'Est sur une base politique et économique solide. Sur le plan politique, la Chine a établi un partenariat stratégique avec l'ASEAN grâce au mécanisme de coopération efficace 10+1, et a publié ensemble avec eux la Déclaration sur la conduite des parties dans la Mer méridionale de Chine (DOC). La Chine a été le premier pays hors de la région à avoir adhéré au Traité d'amitié et de coopération d'Asie du Sud-Est, et elle deviendra bientôt une partenaire de développement pour la zone de croissance de l'Est de l'ASEAN. Sur le plan économique, la Chine et l'ASEAN, qui travaillent ensemble pour faire avancer la construction de la zone de libre échange, ont déjà conclu un accord sur le commerce des marchandises et lancé des négociations sur le commerce des services et l'accord de l'investissement. S'agissant de la construction de leur zone de libre échange, elles ont commencé à appliquer le Programme de récolte précoce en janvier 2004 et à procéder à une réduction générale des tarifs douaniers dans le commerce des marchandises en juillet dernier. La Chine soutient le renforcement de la coopération financière entre les pays de la région et a déjà signé un accord de troc de monnaie pour un montant de 15,5 milliards de dollars US dans le cadre de l'Initiative de Chiang Mai. Quant à la coopération économique dans la sous-région du grand Mékong, la Chine a accordé tout son appui pour ce qui est des capitaux, des technologies et du marché : de son propre initiative, elle a appliqué des tarifs douaniers préférentiels en faveur de 950 marchandises en provenance du Cambodge, du Laos et du Myanmar, annulé les dettes gouvernementales échues de certains PMA asiatiques et fourni dans le cadre de la coopération Chine-ASEAN 500 bourses de stage par an aux pays membres de l'ASEAN.

La Chine œuvre activement à la coopération en Asie de l'Est dans l'intérêt de réaliser « un bon voisinage, une paix durable et une prospérité partagée ». Elle souhaite, à travers cette coopération, promouvoir la paix et la prospérité dans la région et créer un environnement externe favorable à son propre développement. Aujourd'hui, la Chine est déjà devenue une bonne voisine, une bonne amie et une bonne partenaire des pays asiatiques.

Mesdames et Messieurs,

Le développement de la Chine a non seulement profité aux 1,3 milliards de Chinois, mais également apporté des opportunités aux pays de l'Asie de l'Est.

Ces dernières années, les importations chinoises augmentent chaque année de 15% par rapport à l'année précédente, faisant de la Chine le 3e importateur du monde et le 1er en Asie. En 2004, les importations chinoises en provenance des pays et régions asiatiques ont augmenté de 35% par rapport à 2003 pour atteindre 370 milliards de dollars US, soit 65% du volume global de ses importations. Pendant les cinq ans à venir, la Chine va étendre son marché et ses importations en provenance des pays asiatiques dépasseront 2 000 milliards de dollars US. Par ailleurs, les investissements des entreprises chinoises à l'extérieur accroissent avec un rythme annuel de 20%, et 80% de ces investissements vont dans des régions asiatiques. Avec de meilleures performances de ses entreprises, la Chine jouera un rôle accru dans la promotion de la croissance économique en Asie de l'Est.

La Chine s'engage à préserver la stabilité financière dans la région. Durant la crise financière de 1997, la Chine a tenu ses promesses de ne pas dévaluer sa monnaie nationale et contribué par là au maintien d'une économie régionale stable. Il y a plus de dix ans, la Chine a défini l'objectif de sa réforme du système de taux de change de Renminbi, c'est-à-dire, créer un système de taux de change flottant dirigé et basé sur le marché. En visant cet objectif, nous avons toujours travaillé au perfectionnement du système de formation du taux de change de Renminbi. En juillet dernier, nous avons franchi un pas essentiel en mettant sur place un taux de change flottant dirigé, avec pour référence un panier de devises, au lieu d'ancrer le yuan au dollar. En même temps, nous avons réajusté raisonnablement le cours de Renminbi et l'avons laissé flotter dans une certaine marge. En introduisant cette réforme et ce réajustement, nous avons pris en considération non seulement des besoins de stabiliser l'économie et les finances de Chine, mais également des impacts qu'ils pourront avoir sur l'économie et les finances des pays limitrophes, de la région et du monde entier. Nous continuerons à agir de cette façon dans le futur.

La Chine participera activement à la coopération mutuellement avantageuse en matière énergétique. Affronter efficacement les défis énergétiques représente une responsabilité commune à tous les pays. La Chine entend renforcer son dialogue et sa coopération énergétiques avec les pays du monde pour préserver ensemble la sécurité et la stabilité énergétiques du monde. La Chine est non seulement un important consommateur d'énergie, mais également un grand producteur qui s'assure une autosuffisance de 90%. Nous poursuivrons la politique de satisfaire par les offres domestiques nos besoins énergétiques tout en veillant à la fois à élargir les offres et à réduire les consommations et en privilégiant l'économie d'énergie. Notre objectif est de réduire de 20% les consommations d'énergie par unité du PNB en 2010 et de promouvoir dans tout le pays l'économie d'énergie et une utilisation plus efficace de l'énergie.

Mesdames et Messieurs,

La Chine s'est engagée sur une voie de développement pacifique, dictée par ses propres besoins en matière de développement. Avec une population nombreuse, une base économique faible, un déséquilibre régional marqué et une vaste étendue de régions arriérées, il faut des efforts inlassables de plusieurs, voire d'une dizaine ou des dizaines de générations avant de réaliser son plein développement. La Chine a donc besoin d'un environnement international pacifique durable qui lui permettra de concentrer tous ses efforts dans sa construction. Elle comptera principalement sur ses propres forces, sur son vaste marché domestique et ses mains-d'œuvre abondantes, tout en menant une large coopération internationale. Elle œuvrera à promouvoir la paix et le développement à travers la coopération de sorte à réaliser un développement marqué par la paix, l'ouverture, la coopération, l'harmonie et le gagnant-gagnant.

Le monde industriel et commercial représente une force principale pour faire avancer le développement économique dans les pays du monde, et un pont dans les échanges économiques et commerciaux entre la Chine et les pays de l'Asie de l'Est. Je forme le vœu que les amis du monde industriel et commercial puissent travailler ensemble avec nous pour saisir les excellentes opportunités offertes par le développement de la Chine et de la région, élargir les échanges tout en renforçant la coopération, et apporter une plus grande contribution au développement socio-économique de l'Asie de l'Est.

Je vous remercie.


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