IMPRIMER
RECOMMANDER A
Page d'accueil > informations récentes
 
Intervention du Premier Ministre du Conseil des Affaires d’Etat de la République populaire de Chine Wen Jiabao au débat général de la 63e session de l’Assemblée générale des Nations Unies

2008/09/25


Le 24 septembre 2008, le Premier Ministre du Conseil des Affaires d’Etat Wen Jiabao a fait une intervention intitulée « Continuer résolument la politique de réforme et d’ouverture et suivre fermement la voie d’un développement pacifique » au débat général de la 63e session de l’Assemblée générale des Nations Unies qui s’est tenue au siège des Nations Unies, à New York. En voici le texte intégral.

CONTINUER RESOLUMENT

LA POLITIQUE DE REFORME ET D’OUVERTURE ET

SUIVRE FERMEMENT LA VOIE

D’UN DEVELOPPEMENT PACIFIQUE

—Intervention du Premier Ministre du

Conseil des Affaires d’Etat de la

République populaire de Chine

Wen Jiabao

au débat général de la 63e session de l’Assemblée générale des

Nations Unies

(24 septembre 2008)

Monsieur le Président,

L’année 2008 est extraordinaire pour la Chine, en ce sens qu’elle a connu deux événements majeurs. Premièrement, nous avons subi à Wenchuan un tremblement de terre extrêmement violent, qui a causé de lourdes pertes humaines et matérielles. Devant cette catastrophe, le peuple chinois a fait preuve de fermeté, de bravoure, d’unité et de persévérance. Maintenant, la population sinistrée se trouve soigneusement prise en charge, et l’effort de redressement et de reconstruction se déploie de façon bien ordonnée. Deuxièmement, nous avons organisé avec succès une édition des Jeux olympiques à Beijing. Cette grande fête sportive a non seulement créé d’excellentes conditions pour les athlètes des différentes parties du globe leur permettant de montrer leurs performances, mais aussi amené le monde à mieux connaître la Chine et celle-ci à mieux connaître le monde. Dans la lutte contre les effets du séisme et tout au long de la tenue des JO, nous avons bénéficié, sur une vaste échelle, de la compréhension, du soutien et de l’aide de la communauté internationale. A cette occasion, je tiens à en exprimer, au nom du gouvernement et du peuple chinois, ma sincère reconnaissance.

Le monde entier suit de près l’orientation politique et économique de la Chine après les JO de Beijing. Je puis vous affirmer clairement que la Chine suivra fermement sa voie de développement pacifique, continuera inébranlablement son œuvre de réforme et d’ouverture et appliquera toujours sa politique étrangère d’indépendance et de paix. Cela correspond aux intérêts fondamentaux tant du peuple chinois que des peuples du monde et va dans le même sens que l’évolution de notre planète.

Les JO 2008 ont eu lieu dans le plus grand pays en développement qu’est la Chine. La communauté internationale a hautement apprécié les efforts engagés par le gouvernement et le peuple chinois à cet effet. L’organisation réussie des JO a puissamment encouragé le peuple chinois et accru sa confiance ainsi que son énergie dans la réalisation de la modernisation. Mais, dans le même temps, nous constatons avec lucidité que malgré son volume économique total figurant déjà parmi les premiers du monde, la Chine, avec une population de 1,3 milliards d’âmes, se classe toujours derrière une centaine de pays en termes de revenus par habitant. S’agissant du développement, il existe encore un déséquilibre bien notable entre les centres urbains et les régions rurales de même qu’entre les différentes parties du pays. Les milieux ruraux, surtout dans l’Ouest de la Chine, demeurent très en retard, et le problème de la nourriture et de l’habillement reste à résoudre pour des dizaines de millions d’habitants. La Chine est toujours un pays en développement. Ses moyens de production peu développés n’ont pas connu de changement radical, tandis que son développement se trouve freiné par des goulots d’étranglement en matière de ressources, d’énergie et d’environnement. En Chine, le système de l’économie de marché socialiste, la démocratie et l’Etat de droit sont encore imparfaits, et des problèmes sociaux se posent avec une certaine acuité. Il existe encore un long chemin à parcourir pour la Chine dans sa très lourde tâche de modernisation. En effet, nous faisons face en même temps à des opportunités et à des défis sans précédent. Saisir les opportunités, relever les défis, concentrer l’attention sur l’œuvre de construction et axer l’effort sur le développement, voilà le concept et l’action du gouvernement et du peuple chinois.

Sur quoi la Chine compte-t-elle pour son développement ? Sur la réforme et l’ouverture. Cette année marque le 30e anniversaire de la politique de réforme et d’ouverture mise en œuvre dans notre pays. Celle-ci a changé radicalement l’état d’enfermement, de retard, d’inertie et de rigidité dont la Chine souffrait depuis longtemps, brisé les carcans mentaux, mobilisé les initiatives de centaines de millions d’hommes et de femmes, libéré amplement les forces productives, entraîné un essor socio-économique prodigieux et insufflé une vitalité ainsi qu’une dynamique très fortes à la Chine. C’est grâce à la réforme et à l’ouverture que la Chine s’est transformée en trois décennies. Elle doit encore et toujours tabler sur la réforme et l’ouverture pour atteindre son objectif de réaliser une modernisation marquée par la prospérité, la démocratie, l’harmonie et un haut degré de civilisation. La réforme et l’ouverture découlent d’un choix crucial et décisif pour la destinée de la Chine contemporaine, en même temps qu’elles constituent une stratégie déterminant son avenir. La Chine s’en tient inébranlablement à sa politique de réforme et d’ouverture. Depuis l’antiquité, la nation chinoise a l’excellente tradition et la sagesse de s’attacher à la réforme, d’apprendre auprès de tous dans le respect de la différence et de s’inspirer des points forts des uns et des autres. Aujourd’hui, le peuple chinois, instruit par ses propres expériences de réforme et d’ouverture depuis 30 ans, se rend compte que l’approfondissement continu de la réforme des systèmes économique, politique et autres est la seule approche de nature à assurer une force motrice perpétuelle au développement économique et au progrès social, que l’élargissement durable de l’ouverture sur l’extérieur dans tous les domaines est l’unique bonne voie à suivre pour réaliser la puissance du pays et la prospérité de la nation. Voilà la conclusion tirée d’une pratique sans cesse renouvelée, de même que la synthèse des expériences de l’histoire.

Monsieur le Président,

Le monde a besoin de la paix, car il ne peut se développer que dans la paix. Pour réaliser son objectif de développement, la Chine aspire à un environnement international pacifique. Le gouvernement chinois, attaché indéfectiblement à sa politique étrangère d’indépendance et de paix, entend intensifier sa coopération avec les autres pays et promouvoir ensemble avec eux la noble cause de la paix et du développement pour l’humanité.

Le respect de la souveraineté et la non-ingérence mutuelle dans les affaires intérieures constituent les conditions préalables au développement des relations interétatiques. Ayant tiré l’enseignement de son histoire récente ponctuée d’humiliations, le peuple chinois comprend bien qu’un peuple n’a pas de dignité ni de place au sein de la communauté internationale, dès lors que son pays perd la souveraineté. La Chine défend fermement sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale chèrement acquises, n’admettant aucune ingérence étrangère. Dans le même temps, elle tient à traiter tous les autres pays sur un pied d’égalité et à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de ces derniers ainsi que les systèmes sociaux et les voies de développement librement choisis par leurs peuples.

La Chine est prête à développer des relations d’amitié avec tous les pays sur la base de l’égalité et des avantages réciproques, étant entendu que ces relations ne dépendent ni des facteurs idéologiques ni des régimes sociaux. Dans les affaires internationales, elle établit ses jugements en toute indépendance et selon la réalité des faits et détermine ses positions en fonction de ses intérêts nationaux et pour le bien-être des peuples du monde. Elle ne suit pas aveuglément les autres ni ne se soumet à aucune force. Dans les relations internationales, la Chine pratique le non-alignement et, de plus, s’abstient de prendre la tête d’un mouvement quelconque, et cela pour toujours.

Régler pacifiquement les litiges internationaux, c’est un objectif essentiel de l’ONU, un principe fondamental du droit international. La Chine s’attache fermement à résoudre par voie de dialogue et de consultations les problèmes légués par l’histoire et les divergences actuelles dans ses rapports avec les autres pays. En tant que membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, elle jouera en outre, tout comme par le passé, un rôle actif et constructif pour le règlement pacifique des points chauds internationaux et des conflits régionaux.

La Chine s’applique à réaliser un développement pacifique, sans compromettre ni menacer personne. Elle ne prétend jamais à l’hégémonie, ni à présent, ni à l’avenir. Elle entretient et développe des forces militaires appropriées dans le but exclusif de défendre la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale. La nation chinoise d’aujourd’hui fonde sa confiance et sa gloire sur le développement économique, la justice sociale, les qualités de la population et la force des valeurs morales. La Chine contribuera, par son développement, à la paix et au progrès du monde.

Monsieur le Président,

Dans la longue histoire du développement de l’humanité, les différents pays du globe ne se sont jamais sentis si étroitement liés et solidaires dans leurs destins qu’aujourd’hui. Face aux multiples problèmes planétaires (réchauffement climatique, détérioration de l’environnement, pénurie de ressources, pandémies, catastrophes naturelles fréquentes, propagation du terrorisme...) qui menacent l’existence et le développement de l’humanité et devant la grave situation marquée par l’apparition d’un imbroglio des trois épineuses questions de la finance, de l’énergie et de l’alimentation, aucun pays ne peut se mettre à l’écart ni affronter seul l’adversité. Notamment dans le contexte actuel où les turbulences financières internationales ont déjà affecté de nombreux pays, et que leurs impacts pourraient s’aggraver, il faut une réponse mondiale pour faire face ensemble au défi. L’humanité surmontera certainement toutes les difficultés et jouira sûrement d’un avenir plus radieux, pourvu que tous les peuples du monde, en particulier les dirigeants des différents pays, éliminent l’hostilité, les malentendus et les préjugés, se traitent sincèrement les uns et les autres en faisant preuve de tolérance et d’ouverture et avancent la main dans la main. La Chine, un grand pays en développement tout à fait responsable, entend travailler ensemble avec la communauté internationale et intensifier la coopération pour partager les opportunités, relever les défis et apporter sa part de contribution à la promotion de l’harmonie et au développement durable dans le monde.

Je vous remercie.


 IMPRIMER RECOMMANDER A