Conférence de presse du 9 octobre 2020 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying

2020/10/09

Sur l’invitation du Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Cambodge Prak Sokhonn, du Ministre des Affaire étrangères de la Malaisie Hishammuddin Tun Hussein, du Ministre des Affaires étrangères du Laos Saleumxay Kommasith et du Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères de la Thaïlande Don Pramudwinai, le Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi effectuera des visites officielles au Cambodge, en Malaisie, au Laos et en Thaïlande et une visite de transit à Singapour du 11 au 15 octobre.

CCTV : Selon des reportages, le Département du Trésor des États-Unis a annoncé le 8 octobre des sanctions contre 18 banques iraniennes. Le Ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a déclaré qu’en pleine pandémie de la COVID-19, le régime américain voulait détruire les derniers canaux de l’Iran pour s’approvisionner en nourriture et en médicaments, et que le complot des États-Unis pour affamer un peuple était un crime contre l’humanité. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

Hua Chunying : Les États-Unis, au mépris des buts et principes de la Charte des Nations Unies et des normes du droit international, imposent arbitrairement à autrui des mesures coercitives unilatérales tels que le blocus économique et les sanctions financières, ce qui menace sérieusement l’ordre politique et économique international ainsi que le système de gouvernance mondiale, porte gravement atteinte aux capacités des pays sanctionnés en matière de développement économique et d’amélioration du bien-être social, et impacte de manière non négligeable les droits de l’homme fondamentaux des populations innocentes dont les femmes, les enfants, les personnes âgées et à mobilité réduite. Dans le contexte actuel de la propagation de la COVID-19 à l’échelle mondiale, les mesures coercitives unilatérales des États-Unis freinent le transport et l’approvisionnement des matériels antiépidémiques et sapent les efforts des pays sanctionnés pour prévenir et contrôler l’épidémie ainsi que leur reprise post-COVID-19, mettant directement en danger la vie et la santé des peuples concernés et compromettant les droits des peuples notamment ceux des groupes vulnérables.

Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) et la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme ont appelé à assouplir et à annuler les mesures coercitives unilatérales. Lors du Débat général de la 75e session de l’Assemblée générale des Nations unies, un grand nombre de Chefs d’État ont également appelé à cesser les mesures coercitives unilatérales. Le 5 octobre, la Chine a pris la parole au Débat général de la Troisième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies au nom de 26 pays, appelant une fois de plus à supprimer immédiatement et définitivement les mesures coercitives unilatérales, afin que la communauté internationale puisse lutter contre la COVID-19 de manière globale, effective et efficace.

La Chine exhorte les États-Unis à regarder en face les appels justes de la communauté internationale et à cesser immédiatement ses actes erronés pour revenir le plus tôt possible sur les rails de la solidarité et de la coopération internationales.

Le Ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif effectuera prochainement une visite en Chine, lors de laquelle le Conseiller d’État de Ministre des Affaires étrangères Wang Yi s’entretiendra avec lui. La Chine est prête à travailler avec l’Iran pour approfondir constamment le partenariat stratégique global entre les deux pays.

Le Quotidien du Peuple : Le septembre dernier a été un « mois de l’ONU » pour la Chine. Le dirigeant chinois a participé à une série de réunions de haut niveau commémorant le 75e anniversaire de l’établissement de l’ONU et y a prononcé des allocutions importantes. Quel impact pensez-vous que cela aura sur la Chine et le monde ?

Hua Chunying : Le 2 octobre, le Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a accordé une interview à un média central pour présenter de manière globale et systémique les informations sur la participation du Président Xi Jinping aux réunions de haut niveau commémorant le 75e anniversaire de l’ONU et expliquer les grandes idées et initiatives avancées par le Président Xi Jinping ainsi que leurs portées importantes.

Cette année marque le 75e anniversaire de la victoire de la Guerre mondiale antifasciste ainsi que le 75e anniversaire de la création de l’ONU. En cette année qui mérite une commémoration commune de tous les pays, la survenue de l’épidémie de la COVID-19 a accéléré l’évolution de l’échiquier mondial et apporté de nouvelles incertitudes au futur de l’humanité. Dans quelle direction ira le monde dans les prochains 75 ans ? C’est une question sur laquelle tous les pays engagent une réflexion sérieuse. À ce moment historique crucial pour le futur et le destin de l’humanité, le Président Xi Jinping a participé à des visioconférences importantes dont la Réunion de haut niveau pour commémorer le 75e anniversaire de l’ONU, le Débat général de la 75e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le Sommet de l’ONU sur la biodiversité et la Réunion de haut niveau sur le 25e anniversaire de la quatrième Conférence mondiale sur les Femmes tenue à Beijing, et y a prononcé une série d’allocutions importantes. Le Président Xi Jinping, soucieux des intérêts communs et de long-terme pour l’humanité, a donné des réponses intégrales et systémiques à des questions majeures telles que le type de monde auquel l’humanité sera confrontée dans l’ère post-COVID-19, le rôle de la Chine pour le monde et le type d’ordre international dont nous aurons besoin. Le Président Xi a pris une position claire et a réitéré sans équivoque l’engagement ferme de la Chine en faveur du multilatéralisme, de l’autorité de l’ONU, de la voie du développement pacifique, de la coopération gagnant-gagnant, et de la vision de la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité. Ces déclarations ont démontré la vision mondiale et l’engagement ferme de la Chine en tant que grand pays, et ont été largement saluées et hautement appréciées par les différents pays. Toutes les parties partagent le constat que les allocutions du Président Xi Jinping et les propositions chinoises explicitées là-dedans auront un impact positif et de grande portée sur l’évolution du paysage international, tant aujourd’hui qu’à l’avenir, notamment sur les six aspects suivants : premièrement, injecter une nouvelle dynamique dans la coopération internationale contre la COVID-19 ; deuxièmement, former un nouveau consensus sur la réforme du système de gouvernance mondiale ; troisièmement, présenter de nouvelles propositions pour la reprise économique mondiale ; quatrièmement, établir une nouvelle référence pour l’édification de la civilisation écologique dans le monde ; cinquièmement, donner de nouvelles impulsions à la cause des femmes dans le monde ; sixièmement, prendre de nouveaux engagements pour soutenir le rôle central de l’ONU.

Actuellement, l’unilatéralisme sape l’ordre international, les actes d’intimidation posent un défi aux normes régissant les relations internationales, et la paix et la stabilité du monde sont confrontées à des menaces et des défis réels. Face à cela, le Président Xi Jinping a expliqué de manière dialectique ce qui devrait rester inchangé et ce qui devrait être changé dans le système de gouvernance mondiale d’aujourd’hui. Qu’est-ce qui doit rester inchangé ? Ce sont les buts et principes de la Charte des Nations Unies et la poursuite du multilatéralisme. Le Président Xi Jinping a indiqué qu’il n’y avait qu’un seul système dans le monde, et que c’était celui centré sur l’ONU, qu’il n’y avait qu’un seul ensemble de règles dans le monde, et que c’étaient les normes de base régissant les relations internationales étayées par la Charte des Nations Unies. Qu’est-ce qui doit être changé ? Il faut suivre l’évolution de l’époque et renforcer la coordination internationale pour répondre aux défis et menaces internationaux, et mettre en œuvre les principes de concertation, de synergie et de partage pour refléter la réalité politique internationale de l’émergence collective des pays en développement. Il faut faire de la réponse aux défis sécuritaires non conventionnels dont ceux de la santé publique une priorité des travaux de l’ONU, accorder à la question de développement une place primordiale dans le grand cadre mondial, et augmenter effectivement la représentativité et le droit à la parole des pays en développement au sein de l’ONU. Le Président Xi Jinping a indiqué que mener une politique de l’autruche face à la mondialisation économique ou essayer de la combattre avec la lance de Don Quichotte allait à l’encontre de la tendance de l’histoire. Le Président Xi Jinping a encouragé les pays à adhérer à l’idée de la grande famille des nations et à celle de la coopération gagnant-gagnant, à souder ses propres intérêts et ceux d’autrui, et à s’efforcer d’élargir les intérêts convergents de tous.

Les déclarations importantes du Président Xi Jinping ont explicité ses réflexions stratégiques sur le futur et le destin de l’humanité, ont trouvé un écho auprès de la majorité de la communauté internationale, ont tracé la bonne voie pour la réforme du système de gouvernance mondiale, et ont indiqué l’orientation à suivre pour le futur de l’ONU en renforçant sa confiance et en y injectant de la force. Tout comme l’a souligné le Conseiller d’État Wang Yi dans son interview : « Nous avons la ferme conviction que le grand renouveau de la nation chinoise ne s’arrêtera pas, que la voie juste du multilatéralisme ne se fermera pas, et que la tendance mondiale du développement pacifique ne se renversera pas, ce malgré toute difficulté à l’avenir. »

CCTV : Récemment, le Secrétaire d’État des États-Unis Mike Pompeo et le Secrétaire américain à la Défense Mark Esper et plusieurs autres officiels américains ont accusé dans différentes occasions la Chine d’avoir intimidé les autres pays. Quels sont vos commentaires à ce sujet ?

Hua Chunying : J’ai remarqué des reportages concernés. En parlant d’« intimidation », je crois que le premier pays à venir à l’esprit de la communauté internationale devrait être les États-Unis ! Depuis un certain temps, certains politiciens américains se déplacent partout dans le monde pour menacer différents pays, y compris leurs alliés, pour qu’ils se comportent selon la volonté américaine sur diverses questions, ou faire du tapage ostensiblement autour de la confrontation idéologique et tenter de prendre en otage les autres pays sur leur « char anti-communiste et anti-chinois ». Ils ont même publiquement menacé par la suspension de la coopération et des aides ainsi que les sanctions, en prônant la prospérité à ceux qui leur obéissent et la mort à ceux qui résistent dans le monde. Les différents pays en mesurent profondément la vérité. Ces politiciens américains ont peut-être oublié que nous sommes au XXIe siècle où tous les pays, grands ou petits, sont égaux et l’intimidation par le plus fort n’aboutit qu’à une impasse.

De nombreux pays ont déclaré qu’ils feraient des décisions indépendantes en tant que pays souverain face aux propos du Secrétaire d’État, du Secrétaire à la défense et d’autres diplomates des États-Unis forçant les autres pays à choisir leur camp. Tout cela démontre que ce n’est pas la Chine qui fait des menaces, qui provoque de la confrontation, qui mène une diplomatie de mensonges et qui sème la discorde. Les différends ou les problèmes entre la Chine et les États-Unis ne consistent en aucun cas en des batailles de pouvoir, de statut ou de système social, mais des questions de savoir s’il convient de choisir la sauvegarde de la justice ou la diffusion de la mauvaise foi, la poursuite du multilatéralisme ou de l’unilatéralisme, et la coopération gagnant-gagnant ou le jeu à somme nulle. Nous sommes convaincus que de plus en plus de pays choisiront de se tenir droit debout, de défendre les principes et la justice et de faire des choix correspondant le mieux aux intérêts de leur pays et peuples de façon indépendante et autonome.

Beijing Youth Daily : Vous aviez publié hier des informations sur les prochaines visites en Chine de l’Envoyé spécial du Président indonésien et des Ministres des Affaires étrangères de l’Iran et des Philippines, et vous venez d’annoncer que le Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi effectuera des visites au Cambodge, en Malaisie, au Laos et en Thaïlande et une visite de transit à Singapour. Nous avons remarqué que cette fois, les activités diplomatiques intensives de M. Wang couvrent 7 États membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). Pourriez-vous présenter les considérations de cela ? Quelles sont les attentes de la Chine quant à ces visites ?

Hua Chunying : Les États membres de l’ASEAN sont tous des proches voisins et amis de la Chine ainsi que ses partenaires importants dans la construction conjointe de « la Ceinture et la Route ». Face à l’épidémie de COVID-19, la Chine et les États membres de l’ASEAN se sont entraidés pour surmonter les difficultés présentes, et se trouvent à l’avant-garde de la lutte mondiale contre l’épidémie et de la reprise post-épidémique. Au cours des huit premiers mois de cette année, le volume total du commerce entre la Chine et l’ASEAN a connu une augmentation de 3,8% en dépit de la tendance générale à la baisse. L’ASEAN est ainsi devenue pour la première fois le premier partenaire commercial de la Chine, alors que la Chine était déjà le premier partenaire commercial de l’ASEAN. Comme vous l’avez dit, cette fois, les activités diplomatiques du Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi couvrent 7 États membres de l’ASEAN, et cela démontre pleinement la volonté sincère et la détermination résolue de la Chine à promouvoir la coopération Chine-ASEAN et à approfondir les relations amicales avec les États membres de l’ASEAN.

M. Wang souhaite travailler avec les Ministres des Affaires étrangères des États membres de l’ASEAN concernés, en portant leur attention sur les nouvelles circonstances de la prévention et du contrôle réguliers de l’épidémie, pour promouvoir activement les échanges et la coopération dans la période post-COVID-19, stimuler la reprise économique et le développement social des pays et faire de la crise sanitaire des opportunités de développement, afin de porter les relations Chine-ASEAN à un nouveau palier. La Chine espère et est convaincue que les États membres de l’ASEAN, tous membres de la grande famille asiatique, continueront à œuvrer ensemble avec elle à défendre fermement le multilatéralisme, l’équité et la justice internationales et à sauvegarder la paix et la stabilité dans la région pour que la région puisse demeurer une oasis de paix et un haut-lieu de développement, en fournissant plus de stabilité et en injectant davantage d’énergie positive au développement régional et mondial.

Reuters : La Chine se procurera-t-elle des vaccins à travers le mécanisme COVAX ? La Chine a-t-elle parlé avec le mécanisme COVAX de l’éventuelle inclusion de vaccins fabriqués par la Chine dans la liste de vaccins candidats ?

Hua Chunying : Ce matin, la Chine a signé un accord avec l’Alliance Gavi (Alliance du Vaccin) pour participer officiellement au mécanisme COVAX (mécanisme pour un accès mondial aux vaccins contre la COVID-19). Il s’agit d’une mesure importante prise par la Chine pour concrétiser le concept de la communauté de santé pour l’humanité et s’acquitter de son engagement à faire des vaccins contre la COVID-19 un bien public mondial.

À l’heure actuelle, la COVID-19 demeure une pandémie mondiale et menace sérieusement la vie et la santé de tous les peuples du monde. La Chine accorde toujours de l’attention à l’accès équitable des pays en développement à des vaccins appropriés, sûrs et efficaces, et s’engage solennellement à faire des vaccins chinois un bien public mondial une fois qu’ils seront développés et mis sur le marché, puis à les fournir en priorité aux pays en développement. Pour ce faire, la Chine maintient des contacts étroits avec le mécanisme COVAX et considère favorablement la possibilité d’y participer. Bien que plusieurs vaccins chinois soient en position avantageuse dans le monde en matière de recherche et de développement et que nos capacités de production en soient abondantes, nous avons pris la décision de participer au mécanisme COVAX, dans l’objectif de promouvoir par des actions concrètes la distribution équitable des vaccins, d’assurer leur approvisionnement dans les pays en développement, et d’encourager dans le même temps plus de pays ayant la capacité à s’y joindre et à le soutenir. Grâce à la participation au mécanisme, la Chine renforcera également la coopération avec les pays concernés sur les vaccins.

Quant à la fourniture ou non de vaccins chinois au mécanisme COVAX que vous avez mentionnée, le Président Xi Jinping a déclaré clairement que les vaccins chinois contre la COVID-19, une fois mis en service, deviendraient un bien public mondial pour apporter la contribution de la Chine à la réalisation de l’accessibilité et de l’abordabilité des vaccins dans les pays en voie de développement. Pour concrétiser sérieusement ces mesures, le gouvernement chinois soutient les entreprises chinoises de recherche et de développement de vaccins dans leurs efforts visant à participer au mécanisme COVAX et à coopérer avec les initiateurs concernés pour fournir des vaccins aux pays en voie de développement, et y accorde de l’assistance active depuis longtemps. Autant que je sache, de nombreuses entreprises chinoises de vaccins ont exprimé leur volonté de participation active aux initiateurs du COVAX. Les experts des deux parties maintiennent une communication étroite sur les normes techniques en matière de recherches et de développement, d’homologation et de supervision. Nous sommes disposés à apporter la contribution de la Chine, ensemble avec les autres participants au mécanisme COVAX, à la lutte solidaire du monde contre la COVID-19 et à la préservation de la vie et de la santé des peuples du monde.

Global Times : Le 5 octobre, le Secrétaire général du Cabinet japonais Katsunobu Kato a déclaré que « la Chine n’a pas le droit de créer des sites Internet liés aux îles Diaoyu et le Japon a adressé une protestation à ce sujet à travers des canaux diplomatiques » à l’égard du Musée numérique consacré aux îles Diaoyu de la Chine. J’ai appris également que le 1er octobre, la ville d’Ishigaki dans la préfecture d’Okinawa, au Japon, a commencé à utiliser le prétendu nouveau « nom de district » des îles Diaoyu. Est-ce que l’ouverture du Musée numérique consacré aux îles Diaoyu est une réponse au soi-disant « changement de nom » par le Japon ?

Hua Chunying : L’île Diaoyu et ses îles affiliées font partie intégrante du territoire de la Chine, ceci est basé sur d’amples fondements historiques et juridiques. La Chine lance le Musée numérique consacré aux îles Diaoyu sur la base de sa position souveraine. Le Japon n’a pas le droit d’y faire des remarques irresponsables.

Le Japon tente de provoquer la souveraineté territoriale de la Chine par ce soi-disant « changement de nom », ceci est illégal, nul et non avenu, et ne peut pas changer le fait que les îles Diaoyu appartiennent à la Chine.

The Paper : Selon des reportages, la réunion des Ministres des Affaires étrangères des États-Unis, du Japon, de l’Inde et de l’Australie s’est tenue au Japon le 6 octobre. Le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo a de nouveau accusé le Parti communiste chinois (PCC) d’avoir dissimulé les informations sur l’épidémie à Wuhan, et d’avoir incarcéré et fait taire les citoyens chinois ayant sonné l’alarme. Récemment, l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU Kelly Craft a déclaré que le PCC avait transformé une épidémie locale en une pandémie mondiale. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

Hua Chunying : Tout d’abord, en ce qui concerne le mécanisme quadrilatéral « le Quad », je tiens à souligner que le XXIe siècle qui est le nôtre est une ère de mondialisation où les intérêts de tous les pays sont profondément liés. Les « petits cercles » fermés et exclusifs ne sont pas en faveur du renforcement de la confiance mutuelle et de la coopération. En ces jours particuliers où la communauté internationale doit répondre ensemble aux tâches majeures et urgentes de gestion de la pandémie de COVID-19 et de promotion de la reprise économique mondiale, nous espérons que les pays concernés garderont à l’esprit les intérêts communs de tous les pays et de l’humanité, se concentreront sur le renforcement de la coopération pour vaincre l’épidémie et créeront un environnement pacifique et des opportunités de coopération pour la reprise économique mondiale. Cela est dans l’intérêt de tous les pays.

En ce qui concerne la COVID-19, le calendrier de la lutte antiépidémique de la Chine est clair, ses efforts et ses succès qui en découlent sont évidents pour tous. Comment peut-on parler d’une dissimulation ? La COVID-19 est causée par un virus jusque-là inconnu de l’humanité. Les indices et les reportages sont de plus en plus nombreux à indiquer que l’épidémie a éclaté depuis plusieurs endroits dans le monde vers la fin de l’année passée. Et la Chine a signalé l’épidémie le plus tôt, a identifié le pathogène sans tarder, et a partagé la séquence génétique avec le monde dans les plus brefs délais. Après de sérieux examens et évaluations, le groupe d’experts de haut niveau a confirmé dans la soirée du 19 janvier dernier la transmission entre humains de la COVID-19. Dès lors, la Chine a immédiatement pris la décision de fermer la sortie de Wuhan, et a mis en œuvre les mesures de confinement et de contrôle de circulation les plus strictes sur les voies de sortie de la province du Hubei et de Wuhan. Le premier jour du Nouvel An chinois, une réunion spéciale du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du PCC a été organisée, et les 31 provinces, régions autonomes et municipalités ont déclenché le mécanisme de réponse d’urgence de niveau I, dans le but de mettre en œuvre une gestion et un contrôle stricts. Le 23 janvier dernier, jour où la Chine a fermé la sortie de Wuhan, il n’y avait que 9 cas confirmés dans les pays et régions en dehors de la Chine, dont un seul aux États-Unis. Le 2 février, lorsque les États-Unis ont fermé leurs frontières à tous les citoyens chinois, ils n’ont annoncé qu’une dizaine de cas confirmés.

Actuellement, près de 7,6 millions de cas de COVID-19 sont confirmés et plus de 210 000 décès enregistrés aux États-Unis. Comment les États-Unis, en tant que pays le plus puissant du monde disposant des meilleures ressources médicales, peuvent-ils réagi si mal à l’épidémie ? Il y a également eu des reportages dans des médias américains disant que les premiers cas d’infection aux États-Unis pourraient avoir eu lieu en octobre dernier. Qu’ont fait les États-Unis ? Pourquoi l’épidémie n’a pas été détectée et signalée à temps ? Pourquoi des mesures générales de dépistage et de contrôle n’ont pas été prises à temps ?

Le respect de la science et des faits et l’engagement à donner la priorité à la vie et au peuple ont assuré à la Chine les accomplissements stratégiques et majeurs dans la lutte contre la COVID-19. Les experts médicaux et les scientifiques qui ont fait d’énormes efforts pour la lutte contre l’épidémie et y ont apporté des contributions majeures comme l’académicien Zhong Nanshan, ont tous reçu des distinctions solennelles au niveau national. Certains hauts responsables américains parlent souvent de « lanceurs d’alerte ». Mais comment les États-Unis traitent-ils les meilleurs experts médicaux comme Anthony Fauci, et les « lanceurs d’alerte » comme le docteur Helen Chu et le capitaine Brett Crozier ? Je viens de lire dans le Washington Post un article signé du docteur Rick Bright, ancien directeur de l’Autorité de recherche et de développement biomédicaux avancés (BARDA) limogé en avril pour s’être plaint de la politisation de la science par l’administration américaine. Il a écrit que parmi tous les outils nécessaires pour répondre efficacement à la COVID-19, le plus manquant pour les États-Unis était la vérité, et que la santé et la sécurité publiques étaient en danger à cause de l’hostilité de l’administration américaine à l’égard de la vérité et de la politisation de la lutte antiépidémique, ce qui avait sans aucun doute conduit à des milliers de morts pourtant évitables. L’avocat du docteur Rick Bright a également affirmé que l’ignorance des connaissances scientifiques et professionnelles et le non-respect des scientifiques par l’administration américaine avaient provoqué de nombreuses contaminations et morts aux États-Unis.

Ce matin, j’ai également lu le dernier numéro du magazine Time. Comparé à la couverture dépressive et désespérée qui a annoncé les 200 000 morts, celle de ce numéro est encore plus terrifiante, cruelle et frappante. La perte de 210 000 vies n’est-elle pas suffisante pour éveiller la conscience de ces politiciens américains ? Nous espérons que ces politiciens américains cesseront d’accuser les autres pays sur la réponse à la COVID-19, car les accusations ne chasseront pas le virus ni sauveront les malades. Ils doivent cesser de répéter des mensonges, revenir à la raison, se concentrer sur la riposte contre l’épidémie, et faire de leur mieux pour sauver la vie des Américains.

AFP : Selon le dernier sondage du Pew Research Center, dans des principaux pays développés tels que les États-Unis, l’Australie, le Royaume-Uni, le Canada, l’Allemagne et les Pays-Bas, le nombre de personnes ayant une attitude négative envers la Chine a enregistré un record historique. Quels sont vos commentaires à ce sujet ?

Hua Chunying : Comme vous l’avez dit, ce sondage est fondé uniquement sur les échantillons de 14 pays développés dont les États-Unis, le Canada, l’Australie, le Royaume-Uni et quelques autres pays occidentaux. Ils ne peuvent représenter que les attitudes des pays occidentaux vis-à-vis de la Chine, mais non les opinions communes de la communauté internationale.

Depuis un certain temps, des politiciens américains, afin de s’exonérer de toute responsabilité, ne cessent de stigmatiser et de diaboliser la Chine sur la question de la COVID-19 et bien d’autres, et de semer à tort et à travers des mensonges et de fausses informations sur la Chine, ce qui, bien entendu, pourra nourrir des idées biaisées chez les citoyens des États-Unis et d’autres pays occidentaux sur les faits et les vérités concernant la lutte de la Chine contre l’épidémie, et compromettra les perspectives du développement des relations entre la Chine et les pays concernés. C’est justement à cause de ces fausses informations et de la stigmatisation de la Chine que des actes discriminatoires à l’encontre des Chinois ou des Asiatiques ont eu lieu aux États-Unis, en Australie, au Canada et dans d’autres pays. J’ai appris ce matin qu’un musicien d’origine japonaise avait été battu à New York parce qu’il avait été pris pour un Chinois. C’est très triste et malheureux.

Même dans ce contexte, le nouveau sondage de Pew Research Center dont vous parliez montre que la majorité des populations des 14 pays occidentaux sondés a donné une évaluation plus favorable aux réactions de la Chine à l’épidémie qu’à celles des États-Unis, et a fait preuve d’un niveau de confiance nettement plus élevé dans le gouvernement chinois que dans celui des États-Unis. Ceci est particulièrement révélateur. Par ailleurs, un rapport d’enquête récent du Conseil européen pour les relations internationales (ECFR) a également révélé que la confiance dans les États-Unis est en passe de disparaître chez des peuples européens, et seuls 20% d’entre eux sont d’accord pour dire que les États-Unis ont correctement géré les affaires internationales. Même dans les pays alliés traditionnels des États-Unis comme le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, le Japon et la République de Corée, l’attitude favorable du public pour les États-Unis est tombée au niveau le plus bas jamais enregistré.

Comme vous vous en souvenez peut-être, en juillet dernier, une enquête sur les relations sino-américaines a été menée par le site web Huanqiu auprès de 140 000 internautes chinois, selon laquelle 96 % des internautes ont pensé que les États-Unis semaient délibérément la discorde entre le peuple chinois et le PCC pour miner la cohésion et la stabilité en Chine, et plus de 97 % se sont prononcés en faveur des « mesures de rétorsion par l’État pour contrer les actes provocateurs des États-Unis ». Cela montre que le peuple chinois est parfaitement conscient des provocations malveillantes de certains politiciens américains. Ces derniers doivent se faire un examen de conscience et corriger leurs politiques et mesures erronées à l’égard de la Chine.

Les efforts de la Chine pour lutter contre l’épidémie et les succès obtenus sont indéniables. Comme vous l’avez peut-être remarqué, pendant les congés de la Fête nationale et de la Fête de la Mi-Automne qui viennent de s’achever, près de 700 millions de personnes se sont déplacées pour rendre visite à leurs proches ou aller en voyage en Chine, et elles ont profité d’une vie sûre et heureuse. Ce simple fait a de nouveau démontré irréfutablement que la Chine avait réussi à maîtriser la COVID-19. J’ai remarqué que cela a fait l’objet d’une grande couverture médiatique dans de nombreux pays étrangers, laquelle affirmant que cela reflète la confiance de la société chinoise dans le fait que l’épidémie a été enrayée de façon réussie. Nous espérons que davantage de médias étrangers couvriront la Chine de manière objective et joueront un rôle positif et constructif dans la promotion de la compréhension juste et réciproque et de la coopération entre la Chine et d’autres pays.

APP : La semaine dernière, le Pakistan a exprimé, dans une déclaration commune sur les questions liées à Hong Kong faite au nom de 55 pays au sein de la Troisième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies, que les affaires de Hong Kong sont purement des affaires intérieures de la Chine. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

Hua Chunying : Le Débat général de la Troisième Commission de la 75e session de l’Assemblée générale des Nations unies s’est tenu du 5 au 8 octobre au Siège de l’ONU, au cours duquel plus de 70 pays ont pris la parole pour soutenir et faire écho à la position de la Chine. A ma connaissance, jusqu’à présent, 57 pays ont cosigné la déclaration commune sur les questions liées à Hong Kong et 48 pays ont cosigné la déclaration commune sur les questions liées au Xinjiang. Le Pakistan et Cuba ont fait les déclarations communes au nom des pays concernés. Ces pays ont estimé que l’élaboration et l’application par la Chine de la Loi sur la sauvegarde de la sécurité nationale à Hong Kong revêtaient une grande importance pour assurer une application solide du principe d’« Un pays, deux systèmes » et maintenir la prospérité et la stabilité de Hong Kong, et que les droits légitimes et la liberté des résidents de Hong Kong pouvaient être mieux protégés dans un environnement sûr. Ils ont salué une série de mesures prises par le Xinjiang, conformément à la loi, pour faire face à la menace du terrorisme et de l’extrémisme et sauvegarder les droits de l’homme de tous les groupes ethniques du Xinjiang. Ces pays se sont fermement opposés à la politisation des questions relatives aux droits de l’homme et à la pratique de « deux poids deux mesures » là-dessus, ainsi qu’à l’accusation sans fondement et à l’ingérence sans raison contre la Chine.

La Chine remercie le Pakistan et d’autres pays concernés pour avoir défendu la justice. Cela montre encore une fois que la justice est dans le cœur de chacun. Les tentatives de quelques pays occidentaux visant à salir la Chine sur les questions liées à Hong Kong et au Xinjiang se sont une fois de plus soldées par des échecs scandaleux. Le débat et l’argumentation entre les pays en développement dont la Chine et certains pays occidentaux dont les États-Unis au sein de l’Assemblée générale des Nations unies sont des questions de principe et de distinction entre le vrai et le faux. Il s’agit de maintenir la justice contre la propagation de la méchanceté, de sauvegarder la souveraineté nationale contre l’ingérence dans les affaires intérieures des autres, de maintenir la solidarité contre la création de rivalités. La Chine s’oppose fermement aux tentatives de toute personne, tout pays ou toute force visant à créer l’instabilité, la division et les troubles en Chine, ainsi qu’à l’ingérence dans les affaires intérieures des autres pays sous le prétexte des droits de l’homme.

Par ailleurs, je voudrais dire que pendant les jours fériés de la Fête nationale et de la Fête de la Mi-Automne, la population, toutes ethnies confondues, dans le Xinjiang a célébré chaleureusement la Fête nationale avec les touristes des différentes régions du pays. Selon les statistiques concernées, le Xinjiang figure parmi les principales destinations des touristes domestiques pendant les vacances de la Fête nationale et de la Fête de la Mi-Automne. Plus de 15,32 millions de touristes y sont allés, soit une augmentation de plus de 10% en glissement annuel. En ce qui concerne les dépenses liées aux voyages, le taux de croissance d’une année sur l’autre du montant d’argent dépensé au Xinjiang se classe parmi les trois premiers à l’échelle nationale. Je vois beaucoup de vidéos sur Internet, montrant que la population de différentes ethnies du Xinjiang a célébré la Fête nationale à travers des flashmobs de danse et de chant. Les visages souriants dans les vidéos ont démontré la vie harmonieuse, joyeuse et heureuse de la population locale. Ils sont les meilleurs indicateurs de la situation des droits de l’homme au Xinjiang.

RCI : Selon des médias allemands, la déclaration commune signée par des pays au sein de la Troisième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies pour soutenir la Chine a été faite sous la pression chinoise, et la Chine a forcé certains pays à ne pas participer à l’autre déclaration commune qui l’accuse. Quels sont vos commentaires à ce sujet ?

Hua Chunying : Les reportages concernés sont totalement infondés et visent à rejeter les responsabilités sur l’autrui. En fait, ce sont justement les pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne qui abusent de la plateforme de l’ONU pour politiser la question des droits de l’homme. Ils ont été les premiers à provoquer la confrontation. Ils ont fait pression sur les pays en développement avec des moyens ignobles, et les ont même menacés de suspension d’aide et de sanction contre des officiels. Leurs agissements doivent être réfutés et rejetés à juste titre par les pays en développement.

La vérité se trouve dans tous les cœurs. Comme je l’ai déjà dit dans ma réponse à la question du journaliste de l’APP, plus de 70 pays ont pris la parole au Débat général de la Troisième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies pour exprimer leur compréhension parfaite et soutien total à la position juste de la Chine sur les questions liées à Hong Kong et au Xinjiang, et leur opposition à la politisation des questions des droits de l’homme et à la pratique de « deux poids deux mesures » là-dessus, ainsi qu’à l’accusation sans fondement et l’ingérence sans raison contre la Chine. Tout cela a pleinement dévoile les vraies aspirations des peuples. La Chine apprécie hautement ces pays qui ont défendu la justice.

Je voudrais également profiter de cette occasion pour avertir sévèrement les pays qui sèment des troubles que les questions liées à Hong Kong et au Xinjiang relèvent entièrement des affaires intérieures de la Chine. Aucun pays ni aucune force n’a le droit d’y interférer, et toutes les tentatives contre la Chine sont vouées à l’échec.

Agence de presse Xinhua : Récemment, les États-Unis ont à plusieurs reprises accusé publiquement la Chine d’« abus environnemental ». Quels sont les commentaires du Ministère des Affaires étrangères à cela ?

Hua Chunying : Ces derniers jours, les États-Unis ont non seulement reproché à la Chine des questions liées à la COVID-19, au Xinjiang et à Hong Kong, mais aussi multiplié leurs accusations infondées contre la Chine en matière d’environnement. Je me demande comment ils ont pu avoir ce genre de confiance et de qualification pour faire ces accusations malintentionnées aussi nombreuses qu’intensifiées.

Le gouvernement chinois attache une grande importance à la protection de l’environnement et de l’écologie, et a fait de l’économie des ressources et de la protection de l’environnement des politiques fondamentales de l’État, et du développement durable, une stratégie nationale. Nous avons rempli scrupuleusement les obligations stipulées dans les traités internationaux de l’environnement dans des domaines tels que la réponse au changement climatique, la gouvernance de la biodiversité et la prévention et le contrôle de la pollution chimique, et avons obtenu des réalisations remarquables.

La Chine met en œuvre activement les mesures bas carbone et de réduction des émissions. Jusqu’à la fin de 2019, les émissions de CO2 par unité de Produit intérieur brut (PIB) en Chine ont diminué de 48,1% par rapport à celles en 2005, et les énergies non fossiles ont représenté 15,3% des consommations des énergies primaires. La Chine a dépassé ses objectifs d’action climatique pour 2020 avant la date prévue. Les investissements dans les énergies renouvelables ont dépassé 100 milliards de dollars en 5 années successives et le parc automobile des véhicules à énergies nouvelles a dépassé la moitié du parc mondial. La Chine a annoncé qu’elle augmenterait ses contributions déterminées au niveau national, et s’efforcerait d’atteindre le pic des émissions de CO2 avant 2030 et de parvenir à la neutralité carbone avant 2060.

La Chine a apporté une contribution importante à augmenter les ressources forestières et les produits forestiers durables et à en développer le commerce dans le monde. De 2009 à 2019, la superficie des forêts plantées en Chine a augmenté de 70,39 millions d’hectares, soit la plus forte progression au monde. Depuis 2000, un quart de la superficie totale de reboisement au monde est réalisé par la Chine. Depuis la fin du siècle dernier, la Chine a vu la superficie de ses terres désertifiées passer d’une augmentation annuelle de 10 400 kilomètres carrés à une diminution annuelle de 2 424 kilomètre carrés, réalisant le rêve dit « l’homme fait reculer le désert ». Pendant les vacances qui viennent de s’achever, un grand nombre de voyageurs sont allés à Saihanba, un beau lieu qui était un désert dans le passé. De plus, le désert Kubuqi, autrefois connu comme « la zone interdite à la vie » et « la mer de la mort », a réalisé le miracle mondial de transformation de désert en oasis grâce à une gestion réussite basée sur 30 ans d’efforts inlassables. Nous avons ainsi réalisé, avant la date prévue, la neutralité en matière de dégradation des terres à l’horizon 2030, un but établi par l’ONU.

La lutte contre la pollution de l’air et l’amélioration de la qualité de l’air ont été accélérées en Chine. Les Normes sur la qualité de l’air ambiant ont été appliquées dans 74 villes chinoises. Le ciel bleu est désormais un indicateur clair que tout le monde peut voir. L’Académie des Sciences environnementales de la Chine et l’Institut national de Recherche environnemental de la République de Corée ont créé un groupe de travail et de recherche conjoints pour la qualité de l’air, qui mène des analyses et des recherches dans les domaines concernés.

La Chine a mis en place une gestion stricte des déchets solides et marins. Nous nous efforçons d’atteindre, pour l’essentiel, le but de zéro importation de déchets solides avant la fin de 2020, et 99% des déchets urbains nationaux seront décontaminés. Toutes les villes littorales ont appliqué le tri des déchets et mis en service le mécanisme d’assainissement marin. La Chine est au niveau moyen et inférieur dans le monde en ce qui concerne les déchets marins, et l’état de contrôle en est satisfaisant.

La Chine a mis en pratique le système de surveillance des navires le plus strict du monde, et mène des efforts concertés avec la communauté internationale pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.

Nous avons également participé de façon approfondie aux échanges et coopération internationaux en matière de protection environnementale. La Chine a été le premier pays à avoir signé et ratifié la Convention sur la diversité biologique, et a pris l’initiative d’établir l’Alliance internationale du développement vert de « la Ceinture et la Route » et de publier les principes d’investissement vert pour l’Initiative « la Ceinture et la Route ». Nous avons mené des échanges et coopération en matière de protection environnementale avec une centaine de pays, mis en pratique un grand nombre de projets de coopération pour la biodiversité et promu de façon constructive la gouvernance internationale de la biodiversité.

Quant au progrès obtenu par la Chine dans la protection de l’environnement, l’opinion de la communauté internationale tranchera. Je crois que les amis journalistes résidant à Beijing en ont aussi beaucoup d’expériences personnelles.

Les États-Unis ne cessent d’accuser la Chine. Qu’ont-ils fait alors à cet égard ? Les émissions de CO2 par habitant des États-Unis sont trois fois plus importantes que le niveau moyen mondial, et plus de deux fois supérieures à celles de la Chine, et ont été, dans le passé, près de cinq fois plus que la Chine. En volume accumulé, les émissions américaines sont trois fois plus que la Chine. Selon un rapport publié par le Groupe Rhodium en janvier dernier, les émissions nettes de gaz à effet de serre des États-Unis en 2019 sont demeurées légèrement supérieures au niveau de 2016, ce qui fait que les États-Unis ne sont plus en mesure d’atteindre le but de réduction de 17% des émissions, engagement qu’ils ont pris dans l’Accord de Copenhague de 2009.

Avant d’accuser la Chine, les États-Unis doivent répondre aux questions suivantes : Quand promettront-ils la neutralité carbone ? Pourquoi ils n’approuvent pas le Protocole de Kyoto ? Pourquoi ils se sont retirés de l’Accord de Paris ? Ne doivent-ils pas se justifier devant les peuples des pays en développement impactés lourdement par le changement climatique, surtout des petits pays insulaires ? Quand paieront-ils les énormes cotisations qu’ils doivent au Fonds pour l’environnement mondial ainsi que les contributions qu’ils doivent à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification et la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ? En plus, les États-Unis exportent régulièrement des déchets en grande quantité aux pays en développement. Ne doivent-ils pas s’en expliquer ?

Les faits sont éloquents. Les États-Unis sont le plus grand destructeur de la coopération internationale sur l’environnement, et c’est eux qui menacent le plus sérieusement l’environnement mondial. Si certains officiels américains noircissent et attaquent la Chine sous le prétexte environnemental, c’est parce qu’ils sont poussés par des motifs politiques. Ce qu’ils doivent faire, c’est d’arrêter les calomnies malintentionnées contre la Chine, de faire une réflexion sur soi-même, d’assumer les responsabilités de protéger l’environnement et de contribuer davantage à la protection de l’environnement mondial par des actions concrètes au lieu de faire le contraire.

Kyoto News : Ma question est aussi sur le mécanisme COVAX. À notre connaissance, le délai d’inscription fixé par l’organisation concernée est dépassé depuis longtemps. Le premier délai était fin août, et ils l’ont prolongé au 18 septembre. Pourquoi a-t-il fallu si longtemps pour que la Chine se décide ? Pourriez-vous présenter les considérations et le contexte concernés ?

Hua Chunying : Je viens de dire que la Chine a fait un engagement solennel depuis longtemps que ses vaccins, une fois mis en service, seraient fournis en priorité aux pays en développement en tant que produit public mondial. Cet objectif correspond bien à celui du mécanisme COVAX. La Chine maintient depuis toujours des échanges étroits avec les initiateurs du mécanisme COVAX et adopte une attitude positive à la participation au mécanisme COVAX.

Néanmoins, il y a des conditions à remplir pour pouvoir participer au mécanisme COVAX. Par exemple, 10% de la population d’un pays doit participer à ce mécanisme. Dans le contexte actuel de l’épidémie, il faut tenir compte du fait que les premières doses de vaccins mises sur le marché seront largement insuffisantes par rapport à la demande. Comme vous le savez, la Chine a une population de près de 1,4 milliards d’habitants. Si nous y participons conformément au pourcentage exigé, cela conduira certainement à une réduction du nombre de vaccins disponibles pour les autres pays. Par conséquent, nous maintenons des échanges étroits avec les initiateurs du mécanisme COVAX tels que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’Alliance Gavi, sur les modes de coopération concrets. Il a fallu un certain temps pour que les deux parties parviennent à un consensus après d’amples communications. Ce matin, la Chine a signé un accord avec l’Alliance Gavi pour participer officiellement au mécanisme COVAX, dans l’objectif de promouvoir par des actions concrètes la distribution équitable des vaccins dans le monde, d’assurer leur approvisionnement dans les pays en développement, et d’encourager dans le même temps plus de pays ayant la capacité à s’y joindre et à le soutenir.

Reuters : Selon un reportage de Bloomberg, l’administration américaine compte imposer des restrictions à Ant Group et à Tencent Holdings en craignant des menaces sur la sécurité nationale apportées par les plateformes de paiement numérique. Quels en sont vos commentaires ?

Hua Chunying : J’ai remarqué ce reportage. Certaines personnes aux États-Unis abusent du concept de sécurité nationale et du pouvoir de l’État pour réprimer de façon injustifiée et menacer par tous les moyens les entreprises chinoises telles que Huawei et Tiktok, sans jamais donner aucune preuve solide. Comme vous vous en souvenez peut-être, les États-Unis ont fait du tapage autour du soi-disant problème du « transfert de technologies forcé » de la Chine, alors qu’aujourd’hui, des hauts responsables américains ont affirmé publiquement et maintes fois que le code de Tiktok devrait être stocké aux États-Unis, et qu’ils imposeraient des restrictions aux entreprises concernées ou les fermeraient si ces dernières ne répondaient pas aux conditions américaines. Ce que les États-Unis ont fait constitue une typique « transaction forcée par le gouvernement », qui n’est rien de moins qu’une « piraterie moderne ».

En fait, il n’est pas rare que les États-Unis utilisent l’appareil d’État pour imposer des sanctions ou des menaces contre les entreprises et personnels des autres pays, que ce soit la Chine ou leurs propres alliés. Nous nous souvenons tous de l’affaire Toshiba du Japon en 1987 et l’affaire Alstom de la France en 2014, maintenant ce sont les entreprises chinoises Huawei et Tiktok. Comme vous l’avez mentionné, ils ciblent aujourd’hui Ant Group et Tencent Holdings.

Les États-Unis imposent des répressions déraisonnables et des menaces par tous les moyens aux entreprises non américaines qui se classent en premier dans certains domaines sans la moindre preuve solide, ce qui révèle pleinement l’intention réelle d’extorsion et le visage laid d’intimidation économique d’une poignée de politiciens américains. Il s’agit d’actes d’hégémonisme et d’intimidation flagrants, d’une violation brutale des lois de l’économie de marché et des règles du commerce international, d’une menace majeure pour les chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales ainsi que d’une distorsion grave du marché mondial.

Nous nous opposons résolument aux comportements d’intimidations des États-Unis qui abusent du concept de sécurité nationale et du pouvoir de l’État pour réprimer les entreprises étrangères de manière injustifiée. Nous espérons que les États-Unis respecteront effectivement les principes de l’économie de marché et de la concurrence loyale, observeront les règles du commerce international, et fourniront un environnement d’affaires ouvert, impartial, juste et non-discriminatoire aux entreprises étrangères dans leurs investissement et développement aux États-Unis. La Chine continuera d’adopter des mesures nécessaires pour protéger les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises.

Shenzhen TV : Selon des reportages, la visite du Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi au Japon et en République de Corée sera reportée d’octobre à novembre. Pourriez-vous le confirmer et nous en présenter les informations ?

Hua Chunying : Le Japon et la République de Corée sont des voisins proches de la Chine. La partie chinoise maintient des échanges étroits à tous les niveaux avec les deux pays, nous nous entraidons et nous nous soutenons mutuellement dans la lutte antiépidémique et nos relations montrent une dynamique active de développement. Le Conseiller d’État Wang Yi espère et entend visiter le Japon et la République de Corée sur invitation et à un moment approprié. En ce qui concerne le moment précis, la Chine maintient toujours des consultations avec les deux pays, mais aucune décision n’a été prise. La Chine espère que la visite aura lieu dans les plus brefs délais.

PTI : Concernant le mécanisme COVAX, j’aimerais avoir votre confirmation des points suivants. À part la fourniture de vaccins à son propre peuple, la Chine fournira-t-elle des vaccins au mécanisme COVAX ? De plus, distribuera-t-elle les vaccins à l’étranger par ses propres moyens ?

Hua Chunying : La Chine a pris un engagement solennel de faire des vaccins chinois un bien public mondial une fois qu’ils seront développés et mis sur le marché, et de les fournir aux pays en développement. Ayant participé au mécanisme COVAX, nous mettrons certainement en œuvre notre engagement. Je viens de dire que le gouvernement chinois soutient les entreprises chinoises de recherche et de développement de vaccins dans leurs efforts pour participer au mécanisme COVAX, et fournir des vaccins aux pays en développement en coopération avec les initiateurs concernés, et qu’il y a fourni activement et sans cesse de l’assistance. Les experts des deux parties maintiennent une communication étroite sur les normes techniques en matière de recherches et de développement, d’homologation et de supervision. La Chine est prête à coopérer étroitement avec l’OMS et les initiateurs de l’Alliance Gavi pour contribuer à la victoire mondiale contre la COVID-19 dans les meilleurs délais et à la préservation de la vie et de la sécurité des peuples du monde.

China News Service : Le Président américain Donald Trump a déclaré lors d’une interview le 8 octobre que la réponse de la Chine à la COVID-19 est pire que celle des États-Unis, que la Chine avait donné une malédiction, et que la pandémie était un terrible fléau. Quels sont vos commentaires ?

Hua Chunying : Tout le monde voit clairement comment la Chine et les États-Unis ont réagi à l’épidémie. Lors des vacances récentes de la Fête nationale et de la Fête de la Mi-Automne, près de 700 millions de personnes en Chine se sont déplacées pour aller en voyage ou rendre visite à des parents et amis, elles ont joui d’une vie heureuse et sûre. Selon les statistiques de la plateforme d’Alipay, pendant les vacances, le volume des transactions via Alipay dans les grands magasins a augmenté de près de 250% par rapport au mois dernier. Selon les statistiques de China UnionPay, du 1er à 7 octobre, le volume de transaction via le réseau de China UnionPay a atteint 2160 milliards de yuans. Tous ces faits incontestables prouvent que la Chine a réussi à contrôler l’épidémie. J’ai remarqué que beaucoup de médias étrangers avaient fait des reportages positifs sur ce sujet, disant que le déplacement de la population à grande d’échelle en l’espace de peu de temps dans les vacances des deux fêtes est inimaginable dans de nombreux autres endroits du monde, ce qui montre que la société chinoise a la confiance dans la maîtrise de l’épidémie.

Il n’y a pas de magie dans la lutte chinoise contre la COVID-19. Nous nous appuyons sur l’esprit grandiose marqué par la primauté de la vie, la solidarité nationale, le sacrifice, le respect de la science et le sens d’avenir partagé pour combattre le virus. Les Chinois préconisent qu’il faut faire constamment des examens de conscience. Nous avons le courage de faire face à nos propres manquements et d’adopter des mesures à temps pour améliorer notre travail. Actuellement, l’épidémie continue de se propager à l’échelle mondiale, le risque de l’apparition des cas sporadiques ou en groupe dans certaines régions existe toujours en Chine. Le gouvernement à tous les niveaux s’engage à la prévention et au contrôle réguliers de l’épidémie sans aucune relâche, afin que les résultats durement acquis ne soient pas réduits à néant. Dans le même temps, nous continuons de promouvoir la coopération internationale en matière de prévention et de contrôle de la COVID-19, de soutenir l’OMS à jouer un rôle leader dans la lutte antiépidémique mondiale, de partager avec les autres pays notre expérience en matière de contrôle et de traitement, de fournir de l’aide aux pays et régions à faible capacité de riposte, et de bien jouer notre rôle du plus grand fournisseur des matériels antiépidémiques dans le monde, afin de promouvoir la construction d’une communauté de santé pour l’humanité.

Comme je l’ai dit, la Chine a officiellement participé au mécanisme COVAX. Nous sommes prêts à travailler avec les autres parties du mécanisme pour continuer d’apporter la force et la contribution chinoises à la lutte solidaire mondiale contre l’épidémie et à la protection de la sécurité et de la santé des peuples des pays du monde.

Reuters : Le Comité de la Défense de la Chambre des communes britannique a déclaré qu’il avait trouvé des preuves solides de la « complicité » entre Huawei et le gouvernement chinois, et que le Royaume-Uni aurait besoin de retirer les équipements Huawei le plus tôt possible. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

Hua Chunying : Les parties britannique et américaine ont toutes tenu des propos similaires. J’espère que ces gens, avant de faire ce genre d’assertion, pourront se demander combien d’efforts les officiels américains et britanniques ont-ils faits pour que leurs entreprises puissent entrer au marché chinois ? S’agit-il aussi d’une preuve de la « complicité » entre leurs entreprises et gouvernement ? J’espère qu’ils pourront se mettre à la place de l’autrui et voir la relation entre gouvernement et entreprises d’une manière plus juste et objective. Le gouvernement de tous les pays a l’obligation et la responsabilité de sauvegarder les droits et intérêts légitimes de leurs entreprises, n’est-ce pas ?

La Chine n’a aucune loi qui demande aux entreprises d’installer des « portes dérobées » ou de collectionner des informations à l’étranger. Certaines personnes au Royaume-Uni, sans la moindre preuve, ont agi maintes fois de concert avec les États-Unis pour réprimer les entreprises chinoises avec des mesures discriminatoires sous prétexte des risques injustifiés. Ils ont violé de manière flagrante les principes de l’économie de marché et les règles du libre-échange, porté gravement atteinte aux intérêts légitimes des entreprises chinoises et n’ont cassé de saper les fondements de la confiance mutuelle pour la coopération sino-britannique. Dans ce contexte, l’ouverture et l’équité du marché britannique ainsi que la sûreté des investissements étrangers au Royaume-Uni sont fort préoccupantes.

Kyoto News : Une autre question sur le mécanisme COVAX. Quel est le consensus dégagé entre les deux parties ? Comment pourront-elles résoudre le problème de la grande base démographique de la Chine ?

Hua Chunying : La Chine maintient toujours des échanges avec les initiateurs du mécanisme COVAX tels que l’OMS et l’Alliance Gavi en termes de modes de coopération concrets. La Chine achètera des vaccins pour 1% de sa population, soit 15 millions de personnes, via le mécanisme COVAX. Il s’agit d’un consensus obtenu après des considérations sérieuses et des discussions amples entre la Chine et les initiateurs du mécanisme COVAX. C’est le résultat le plus bénéfique pour toutes les parties.

Bien que le nombre de vaccins achetés ne représente que 1% de la population de la Chine, il est à noter que le chiffre est quand même très élevé parmi tous les participants, ce qui illustre le soutien de la Chine au mécanisme COVAX. Dans le même temps, nous devons tenir compte du fait que le premier lot de vaccins sera fortement demandé après sa commercialisation. Si la Chine achète trop de vaccins en raison de sa grande population, cela conduira inévitablement à une réduction du nombre de vaccins disponibles pour les autres pays. Par conséquent, 15 millions est un chiffre approprié et raisonnable, qui reflète non seulement la participation active de la Chine dans la coopération antiépidémique mondiale, mais tient aussi en considération les intérêts réels des autres pays.

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